LES
AGAPORNIS
14.
L’alimentation
Une des caractéristiques des êtres vivants est qu’ils se
nourrissent. A cet effet, ils choisissent des substances dont ils ont besoin
pour rester en vie, se multiplier et croître. Chaque organisme est fortement
spécialisé dans ses besoins concernant ses prévisions alimentaires. Certains
micro-organismes vivent sans aucune nourriture organique. Au fur et à mesure
que les formes de vie deviennent plus complexes, elles semblent devenir
toujours de plus en plus dépendantes de leur alimentation afin de fournir les
matériaux de construction organiques nécessaires pour l'édification des tissus
vivants.
Une plante produit à partir de dioxyde de carbone pur, de
l'eau et des sels inorganiques bien déterminés tirés hors du sol, ses propres
matériaux de construction. Les oiseaux et la grande majorité des animaux n'en
sont pas capables; il leur manque simplement les enzymes qui sont nécessaires
pour fabriquer les protéines, les graisses et les hydrates de carbone à partir
des matériaux inorganiques, et sont directement ou indirectement dépendants du
règne végétal pour leurs matériaux de construction et d'entretien. Il est vrai
que tous les animaux ont également besoin de matières nutritives
supplémentaires pour le fonctionnement correct des différents processus
physiologiques et psychologiques dans leur organisme. On appelle ces substances
des vitamines. Ce sont des liaisons organiques qui sont également fabriquées
par le règne végétal. Les vitamines sont, en petites quantités, un moyen efficace
pour les différents processus vitaux et par conséquent passent inaperçues comme
productrices d'énergie ou comme matériau de construction. Un manque ou une
insuffisance de vitamines entraîne des symptômes de maladies liées au manque
d'une vitamine déterminée.
En outre, il a été clairement démontré qu'un grand nombre
d'éléments inorganiques remplissent une fonction dans le corps animal. Ils sont
rassemblés sous l'appellation générale de minéraux. Les minéraux sont
indispensables pour le squelette, pour la formation, la croissance et le
renouvellement des cellules, de plus certains sont indispensables à
la formation de l'hémoglobine et l'oxygénation des globules rouges ou
interviennent dans la synthèse de l'ADN, la composition d'enzymes et le
métabolisme de l'ATP. Un
manque chronique de minéraux conduit à des maladies de carences
caractéristiques de ces minéraux, un
ralentissement général du développement et une diminution de la résistance.
Quand nous pensons qu'environ 60 % du corps de l’oiseau
est constitué d'eau, que le poids des muscles et de certains organes
représentent 70 à 80 % d'eau, qu'une perte de 10 % d'eau conduit à des troubles
sérieux et qu'une perte d'environ 20 % conduit à la mort, alors, il apparaît
clairement que l'eau est un élément essentiel pour un métabolisme cellulaire
normal et un constituant principal de la nourriture.
Récapitulons maintenant les substances de base que
l'alimentation doit contenir: protéines, graisses, hydrates de carbone,
vitamines, minéraux et eau. Dans une simple tartine, tous ces éléments sont
présents dans une quantité déterminée.
La diététique fait une distinction entre aliments et
aliments essentiels. Une matière nutritive est une substance chimique bien
définie d'une denrée alimentaire qui peut être utilisée pour le maintien, les
activités vitales et la construction de l'organisme, indépendamment du fait que
cet élément puisse être fabriqué en quantité suffisante dans le métabolisme. Un
élément nutritif essentiel ne peut pas être fabriqué ou alors seulement en
quantité insuffisante par l'organisme. Les éléments nutritifs essentiels
doivent donc être fournis aux oiseaux sous forme d'aliments. Qu'un élément
nutritif soit essentiel n'est pas difficile à comprendre. Ce qui est beaucoup
plus compliqué est la détermination du besoin alimentaire, c'est-à-dire
connaître la quantité de nourriture indispensable pour chaque individu et ici,
la façon dont les oiseaux sont logés joue aussi un rôle essentiel. Ainsi, un
oiseau dans une grande volière dépense plus d'énergie et a donc un plus grand
besoin de nourriture qu'un oiseau qui est tenu dans une cage. Egalement, les
périodes de couvaison, de mue et de repos ainsi que le climat ont une influence
sur les besoins alimentaires. Certaines substances peuvent être emmagasinées
dans l'organisme, d'autres peuvent réagir les unes sur les autres de telle
sorte que les besoins peuvent être variables. Si nous avons bien compris ce qui
précède, il est compréhensible que lors de la composition d'une nourriture
adéquate, nous devrions nous diriger vers des besoins moyens.
Mélanges
de graines
Pour commencer, nous devons fournir à nos oiseaux un bon
mélange de graines sur le plan qualitatif. Pour que la composition constante du
mélange de graines soit autant que possible assurée, je mélange les graines moi-même. L'expérience m'a appris que la plupart des
marchands de graines réduisent ou même suppriment certaines graines des
mélanges si les prix sur les marchés mondiaux les y poussent. Cela ne serait
pas encore tellement grave si une autre variété de graines ayant la même
composition était proposée. D'une façon générale, on n'y fait pas attention.
Comme mélange de graines pendant la période de repos, je
mélange les graines suivantes dans les proportions ci-après:
24% Millet plata
5% Millet du
Sénégal
5% Millet
japonais
5% Dari rouge
5% Dari blanc
15% Alpiste
8% Sarrasin
5% Paddy (riz non décortiqué)
8% Avoine
(décortiquée)
3% Froment
(concassé)
2% Graines de
tournesol
5% Graines de
carthame
5% Graines de lin
3% Chènevis
2 % Niger
De ce mélange, les 10 premières graines représentant 90 %
sont riches en hydrates de carbone. Le reste des graines, à savoir les graines
de tournesol, graines de carthame, les graines de lin, le chènevis et le niger
sont particulièrement riches en graisses. Dans ce mélange de graines, à
l'exception de la lysine, on trouve tous
les autres acides aminés en quantité suffisante. Aux amateurs qui tiennent
leurs oiseaux uniquement dans des cages, je conseillerais de diminuer un peu le
pourcentage de graines riches en graisses et d'augmenter dans la même
proportion la quantité de millet Plata afin d'éviter qu'à la longue, les
oiseaux ne s'engraissent.
Mélange de graines pendant la période d’élevage et de 1a
mue:
12% Millet plata
3% Millet du
Sénégal
3% Millet
japonais
2% Dari rouge
2% Dari blanc
30% Alpiste
12% Sarrasin
5% Paddy (riz non décortiqué)
10% Avoine (décortiquée)
2% Froment
(concassé)
2% Graine de
tournesol
5% Graine de
carthame
7% Graine de lin
3% Chènevis
2% Niger
Mélange de graines à l’approche de l’élevage
15% Millet plata
5% Millet du
Sénégal
5% Millet
japonais
4% Dari rouge
4% Dari blanc
20% Alpiste
10% Sarrasin
5% Paddy (riz non décortiqué)
10% Avoine (décortiquée)
3% Froment
(concassé)
2% Graine de
tournesol
5% Graine de
carthame
5% Graine de lin
5% Chènevis
2% Niger
Mélange de graines pour les jeunes en croissance:
15% Millet plata
5% Millet du
Sénégal
12% Millet japonais
2% Dari rouge
2% Dari blanc
40% Alpiste
2% Sarrasin
2% Paddy (riz non décortiqué)
6% Avoine
(décortiquée)
1% Froment
(concassé)
2% Graine de
tournesol
2% Graine de
carthame
5% Graine de lin
1% Chènevis
3% Niger
Vous remarquerez que les mélanges ci-dessus se composent
toujours des mêmes graines. Ceci est réalisé dans le but d'éviter le rejet de
certaines graines. Si l'on écarte une variété de graine précise au cours d'une
période déterminée, on court le risque que les oiseaux ne veuillent plus en
prendre si on leur en présente à nouveau dans le mélange ultérieurement.
Comme je l'ai déjà mentionné ci-dessus, les besoins
alimentaires de nos oiseaux dépendent de beaucoup de facteurs. Il sera clair
également, je l'espère, que vous n'allez pas copier tels quels mes mélanges de
graines, certainement pas en ce qui concerne le pourcentage des graines dans
les mélanges. Les pourcentages que je vous ai donnés ne doivent être considérés
que comme des indications. Vous devez donc les adapter aux besoins alimentaires
de vos oiseaux.
A ce sujet, vous pouvez consulter les tableaux figurant à
la fin de cet article.
Je voudrais conclure cette partie par une brève
description des différentes espèces de graines.
L’alpiste
L’alpiste est aussi appelé graine de canaris (ou Millet
blanc). II est, à côté des différentes variétés de millet, la graine la plus
utilisée dans les mélanges pour volières. L’alpiste est une graine pointue aux
deux extrémités avec un noyau brun qui appartient à la famille des herbacés. II
est principalement cultivé aux USA, en Argentine, au Canada, en Europe
méridionale et orientale et au Maroc. Le meilleur alpiste vient du Maroc.
L’alpiste contient un pourcentage élevé de protéines. I1 est riche en leucine,
arginine et tryptophane, par contre il est pauvre en lysine et est complètement
dépourvu de cystine.
Les prix de l’alpiste sont très fluctuants. Quand on
dispose d'un bon endroit de conservation, il est à conseiller d'en faire une
petite provision lorsque les prix sont intéressants.
Millet
du Sénégal
Sous cette appellation se vend actuellement la graine de
manne originaire d'Argentine (mohair jaune d'Argentine). Le véritable millet du
Sénégal n'est plus disponible depuis des années. Cette petite graine ronde de
millet est appréciée des agapornis.
Les graines contiennent un pourcentage raisonnable de
protéines et sont riches en acides aminés, leucine et phénylalanine, mais
pauvres en lysine, arginine et thréonine. Les autres acides aminés sont
raisonnablement bien représentés.
Le
millet plata
Cette variété de millet est en ce qui concerne l'écorce,
un peu plus grande que la graine de manne mais cependant un peu plus petite que
le millet blanc bien connu. Bien que l'amateur d'oiseaux fasse une nette
distinction entre les différentes variétés de millet, sur le plan scientifique,
elles appartiennent toutes à la famille des graminées.
La composition en acides aminés de cette variété de
millet est comparable à celle du millet.
Le
millet du Japon
Comment est on arrivé à ce
nom, cela n'est pas très clair. Le millet du Japon ne vient pas du Japon mais
d'Australie. Le grain de cette variété de millet est quelque peu anguleux. La
couleur de la graine est brun grisâtre clair et semble quelque peu souillée.
Elle est vraiment appréciée par les oiseaux. Le millet du Japon est riche en
acides aminés leucine, cystine, phénylalanine et valine et pauvre en lysine,
arginine, méthionine, tryptophane et histidine. Le millet du Japon appartient
aux variétés de millet plus coûteuses.
Le
dari
Le dari appelé aussi sorgho, mil, est une variété de
graines qui est rattachée aux variétés de millet. Le dari a la grandeur de la
graine de chanvre. La graine est originaire des régions chaudes de l'Australie,
de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique du sud.
On distingue trois variétés: le dari blanc, jaune et
rouge brun. I1 est à remarquer que l'on attribue plus de valeur au dari clair
qu'au dari rouge brun. En ce qui concerne la valeur alimentaire notamment, il
n'y a pas la moindre différence. En outre, le dari rouge brun est bien apprécié
par les agapornis.
Le dari peut se comparer au blé en ce qui concerne la
teneur en amidon. La graine a une composition favorable en acides aminés. La
protéine présente dans le dari a une teneur en leucine particulièrement élevée.
Le
sarrasin
Le sarrasin n'est pas une graine mais un fruit. I1 est
brun grisâtre et de forme plus ou moins triangulaire. À l'origine, c'est une
plante asiatique. Actuellement, le sarrasin provient surtout du Brésil. II est
cultivé sur une petite échelle au Canada et en Chine mais aussi aux Pays-Bas.
Le sarrasin est une bonne source de protéines et contient un faible pourcentage
de matières grasses. Les hydrates de carbone sont constitués d'amidon et d'un
peu de sucre. Le sarrasin est riche en acides aminés arginine et lysine.
II est apprécié par les agapornis.
L’avoine
L'avoine est cultivée partout aux Pays-Bas. C'est une
graine bien connue.
L'avoine pelée est obtenue en la séparant de son écorce.
Elle est utilisée dans pratiquement tous les mélanges pour psittacidés.
Comme aliment pour les oiseaux, elle a un bon renom avec
une excellente teneur en amidon, protéines et graisses. L'avoine est pauvre en
lysine mais contient beaucoup d'arginine, de vitamine B, de vitamine C, de
vitamine E, de potassium et de phosphore.
Le
blé
Le blé est aussi une graine bien connue. Il est cultivé
partout aux Pays-Bas et en Belgique. Le blé a une teneur en amidon de presque
70 %. Le germe de blé contient beaucoup d'acides aminés essentiels et est riche
en vitamine E. Le blé est pauvre en lysine.
Le
paddy
Le paddy n'est rien d'autre que du riz non pelé. C'est la
principale source de nourriture pour plus de la moitié de la population
mondiale. Il est cultivé partout en Asie et en
Amérique. En Italie et dans le sud de la France, il est actuellement cultivé
sur une échelle réduite. Le paddy est pauvre en graisses. II contient beaucoup
d'arginine tandis que la teneur en lysine est raisonnable.
Le
chènevis
Le chanvre est une plante fibreuse annuelle originaire de
l'Asie centrale. Les fibres de l'écorce sont utilisées pour la fabrication de
ficelles, cordages de marine, tissus grossiers, ses graines, appelées chènevis,
sont utilisées entre autres comme nourriture pour les oiseaux.
A partir de la résine de la fleur du chanvre, on extrait
le haschich, c'est la raison pour laquelle il est interdit de semer du chanvre
dans plusieurs pays d’Europe. Les petites graines ont une couleur brunâtre. Le
chènevis utilisé chez nous est importé de Russie, Chine, Chili et Liban. Le
chanvre est cultivé aussi en France. Le chènevis est particulièrement riche en
matières grasses et en protéines. La teneur en leucine et valine est élevée,
par contre, les acides aminés cystine et tyrosine sont complètement absents.
Les
graines de tournesol
Le tournesol appartient à la famille des composacées et a son origine en Amérique du nord. Les grandes
inflorescences des plantes hautes de 2 à
La graine de tournesol appartient aux graines riches en
graisses. La protéine est riche en acide aminé arginine.
La
graine de carthame
Cette graine est aussi appelée graine de cardy. La graine
de carthame appartient à la famille des composées. La forme triangulaire des
graines est caractéristique. I1 est cultivé principalement aux USA. Les graines
de cardy sont riches en graisse. Les proportions en acides aminés de la graine
sont très favorables, la teneur en arginine est très élevée. La graine est
pauvre en lysine et méthionine + cystine, tandis que le tryptophane manque complètement.
La
graine de lin
La graine de lin provient du lin et se rattache aux
plantes oléagineuses. La graine a une composition
correcte en acides aminés, surtout la teneur en arginine est élevée. La graine
de lin est pauvre en lysine.
Le
niger
La dénomination exacte pour cette sorte de graines est en
réalité la graine de niger. C'est une plante donnant l'impression d'une
mauvaise herbe avec une inflorescence de plante composée et de formation de
graines. Les petites graines sont de couleur gris noir.
Le niger est cultivé principalement en Ethiopie et également en Inde. La graine
est particulièrement riche en matières grasses et protéines et présente un bon
pourcentage d'acides aminés.
En outre, le niger contient des quantités respectables de
calcium, phosphore et manganèse.
Alimentation
complémentaire
I1 est bien connu qu'un mélange de graines seul est
insuffisant. Personnellement, je distribue durant toute l'année de la pâtée aux
œufs du commerce à laquelle un mélange de méthionine et de lysine est ajouté.
Pendant la période de couvaison, d'élevage et de mue,
j'en donne sans limite, c'est à dire autant que les oiseaux veulent en prendre.
Pendant la période d'élevage, la quantité est fortement
dépendante du nombre de jeunes, mais s'élève à environ 25 % de la ration
journalière.
Pendant la période de repos, je donne la même pâtée aux
œufs mais fortement rationnée. A côté de cela, je distribue chaque jour un peu
de verdure ou bien une petite dose de graines germées ainsi que du blé, de
l'avoine, de l'orge, du dari ainsi que des fèves de mungo. Les oiseaux dans les
cages d'élevage et les jeunes à peine envolés reçoivent toujours du pain rassis
trempé dans du lait. Même en dehors de la période de couvaison, j'en donne
aussi un peu pour changer. Les oiseaux prennent celui-ci avec avidité et ceci
me permet d'administrer des médicaments si c'est
nécessaire. La plupart des agapornis prennent volontiers de temps en temps
quelques vers de farine. Si ce n'est pas le cas, essayez d’y habituer vos oiseaux. Surtout pendant la période de couvaison,
cette protéine animale représente un complément apprécié de la pâtée aux œufs.
La
pâtée aux œufs
La pâtée aux œufs sert de complément aux substances de croissance,
comme les acides aminés, les vitamines, les minéraux et les oligo-éléments qui
font défaut dans le mélange de graines. I1 est donc important que la pâtée aux
œufs que nous utilisons contienne réellement les compléments nécessaires au
mélange de graines. Les pâtées aux œufs disponibles dans les magasins
spécialisés sont souvent différentes de composition et leur teneur en protéines
divergent fortement. Bien que la teneur en protéines de la pâtée aux œufs ne
soit pas un facteur à dédaigner, c'est surtout son contenu en acides aminés qui
est important. Encore trop d'éleveurs se basent exclusivement sur une teneur
élevée en protéines comme facteur déterminant pour une alimentation juste.
Cette façon de voir n'est pas correcte.
Un excès de protéines peut causer des troubles digestifs
et intestinaux.
La digestibilité en est alors influencée défavorablement.
Un pourcentage favorable d'acides aminés est nécessaire sans plus. Les acides
aminés sont toujours les pierres de construction pour les protéines. Un manque
d'un acide aminé déterminé peut troubler la formation des protéines
corporelles. Les fabricants qui sont convaincus de la qualité de leurs
produits, ne donnent pas seulement une description du contenu sur l'emballage,
mais également une analyse précise. En outre, ils indiquent sur l'emballage la
date de fabrication ou la date jusqu'à laquelle le produit est garanti. Un
grand désavantage des pâtées aux œufs en vrac est qu'une analyse du produit
manque la plupart du temps et que la date de fabrication n'est pas connue.
Les
graines germées
La plupart des personnes qui tiennent des oiseaux
accordent extrêmement d'attention aux graines germées. Jusqu'a un certain
point, ceci est justifié. La graine germée est un aliment vert de valeur, très
digestible et riche en vitamines, mais pas plus que cela. Toute appréciation
plus haute est une surestimation. Si nous l'examinons d'une façon réaliste,
cela pourrait être revu.
Une graine ordinaire contient environ 12 % d'humidité.
Lorsque nous plaçons cette graine quelques jours dans l'eau afin qu'elle germe,
la teneur en humidité monte à environ 90 %. L'eau et certainement l'eau de
canalisation contient vraiment peu de matières
nutritives. Il n'est donc pas logique d'attribuer à la graine germée une plus
haute valeur alimentaire qu'a une graine sèche ordinaire. Au contraire, plus le
pourcentage d'humidité dans la graine est élevé, plus basse est la valeur
nutritive de l'aliment. Par le processus de germination, l'énergie requise par
celle-ci peut représenter jusqu'a 25 % de perte de valeur alimentaire. I1 n'est
donc pas question d'une augmentation de la valeur alimentaire.
Une mise en garde contre la distribution illimitée de
graines germées et du traitement inadéquat des germes est nécessaire. De
mauvais germes peuvent parfois conduire à des symptômes d'empoisonnement
(empoisonnement par le nitrite).
Ce dernier point nécessite une explication
complémentaire.
Pendant le processus normal de germination, c'est-à-dire
lorsque le grain est semé sur le champ, la plante à l'état embryonnaire, outre
de l'eau, tire également du sol des matières nutritives. L'élément le plus
nutritif pour la plante est le nitrate. L'engrais du sol est transformé en
nitrites par les bactéries des nitrites, ensuite, les nitrites sont transformés
en nitrates par les bactéries des nitrates. Une basse teneur en nitrates dans
le sol a pour conséquence une basse teneur en nitrates dans le produit en
croissance et vice-versa.
Les plantes et donc aussi leurs graines ont toujours une
teneur en nitrates déterminée. Les nitrates ne sont pas du tout du poison. Cela
devient différent lorsque le nitrate se transforme en nitrite. La
transformation de nitrate en nitrite est une étape de la transformation de
l'azote par les plantes. Dans des conditions déterminées, le nitrate des
plantes et des graines obtenu à partir du nitrite, est retransformé en nitrate.
Le nitrite retourne dans le sol et est à nouveau transformé en nitrate par les
bactéries du nitrate lequel est repris par la même plante comme nourriture.
I1 s'agit donc bien d'un cycle. Nous faisons germer des
graines dans l'eau, alors les nitrites peuvent venir dans l'eau sans être
transformés en nitrates par les bactéries des nitrates. Le processus cyclique
se termine littéralement dans l'eau. La possibilité existe alors de se trouver
devant un mélange toxique. Le fait de faire germer des graines dans des
circonstances défavorables, comme par exemple la germination dans l'eau chaude,
sur un sol chauffé et sans égouttage suffisant des graines, accroît la possibilité
d'intoxication par les nitrites. Si vous tenez compte de tout cela et que vous
ne distribuez que de petites quantités de graines germées, vous ne devez
craindre aucun phénomène indésirable.
L’aliment
vert
En ce qui concerne la valeur alimentaire de l'aliment
vert et de sa distribution à nos oiseaux, différentes opinions circulent dans
le petit monde des éleveurs d'oiseaux. Personnellement, je trouve que c'est une
bonne chose de donner, en plus d'un peu de
graines germées, régulièrement un peu d'aliment vert, non seulement parce que
les oiseaux le prennent avec plaisir mais aussi surtout pour les vitamines, les
minéraux et les oligo-éléments qu'il contient.
A côté de la salade, l'endive, le persil, la carotte et toutes
sortes de fruits comme la pomme, la poire, la prune et le raisin, encore toute
une série de plantes sauvages sont à considérer. Les aliments verts et les
graines de plantes sauvages qui sont appréciées par les agapornis sont: le
mouron des oiseaux, le pissenlit, le mille-feuille, le grand et le petit
plantain, la renouée persicaire, le rumex a feuilles obtuses, la
bourse-à-pasteur et toutes sortes d'herbes. À coté des herbes sauvages
précitées, il y a l'avoine et le blé à moitié mûr en épis ainsi que le maïs qui
sont d'excellents aliments verts. Les cynorhodons et les sorbes sont surtout
appréciés. En outre, saviez-vous que vous pouviez conserver au congélateur les
épis de maïs à moitié mûrs, les cynorhodons et les sorbes ?
Branches
à grignoter
Des branches et des rameaux frais par exemple de saules
et d'arbres fruitiers doivent en fait être présents
toute l'année. Donc même aussi quand les oiseaux n'en ont pas besoin pour la
construction de leurs nids.
À l'exception des bourgeons que les oiseaux mangent
complètement, ils mordillent volontiers les écorces sèches. L'écorce contient
en dehors de la cellulose, une riche diversité de minéraux et d'oligo-éléments.
Grit, sépia, gravier pour l'estomac
I1 est nécessaire que les oiseaux disposent toujours de
grit, sépia et gravier pour l'estomac.
Les deux premiers servent d'apport de calcium, ce qui est
nécessaire entre autres pour la construction et le maintien de l'ossature et la
formation de l'écaille de l'œuf. Étant donné que le calcium ne peut être fixé dans
l'organisme que par la vitamine D3 et que les graines ne contiennent aucune
vitamine D3, la vitamine D3 doit être présente dans la pâtée aux œufs.
L'ajout de vitamine D sous forme de gouttes est à
conseiller parce que l'éleveur d'oiseaux ne peut pas déterminer la quantité de
vitamine D dont l'oiseau a besoin. Une overdose durant une longue période peut
conduire à une décalcification du squelette. Dans les différentes marques de
pâtée aux œufs, la vitamine D3 est exactement dosée.
Le sépia contient outre la chaux et les sels et une
quantité réduite de protéines, une grande diversité de minéraux et
d'oligo-éléments essentiels: charge 1 %, magnésium 0,1 %, manganèse, moins de
0,01 %, silicium, fer, cuivre, nickel, chrome, vanadium, zinc et molybdène.
Le gravier pour l'estomac n'a aucune valeur alimentaire,
mais il doit être plutôt considéré comme une substance adjuvante. Les petits
graviers peuvent être considérés comme les dents de l'oiseau. Ils meurtrissent
les graines décortiquées dans l'estomac, agrandissent ainsi la surface des
graines et donnent aux sucs digestifs, leur plus grande efficacité ce qui
permet de mener à bien l'ensemble de la digestion de la nourriture.
L’eau
Les agapornis boivent assez bien. De l'eau fraîche doit
donc toujours être à leur disposition.
L'eau fournie doit être de qualité alimentaire, ce qui
veut dire provenant du robinet et renouvelée chaque jour.
Étant donné que de l'eau impure peut être considérée
comme un vecteur potentiel de maladies, une attention particulière doit être
accordée à l'hygiène de l'eau.
Les abreuvoirs ouverts sont aisément nettoyés, surtout en
ce qui concerne les déjections. Les abreuvoirs fontaines bien connus sont même
faciles à nettoyer. Des échantillons d'eau de petites fontaines montrent déjà
après 24 heures des quantités incroyables de micro-organismes pathogènes. Après
48 heures, le nombre de micro organismes présents dans l'eau est tellement
élevé qu'il menace très sérieusement la santé des oiseaux. Le risque de santé
que courent les oiseaux devant une eau de deux jours dans des bacs abreuvoirs
est simplement à déduire de ce qui précède et est totalement inacceptable.
Les
granules extrudés
Nous avons beau préparer ou faire préparer le mieux
possible les mélanges de graines, chaque mélange reste très déséquilibré en ce
qui concerne la composition: acides aminés essentiels insuffisants, trop peu de
vitamines, trop peu de minéraux et d'oligo-éléments. Nous pouvons compenser
cela en partie par la pâtée aux œufs, des légumes etc. Il est un fait que les
oiseaux peuvent faire un choix dans la nourriture fournie et tous ne veulent
pas toujours manger ce qui leur est présenté.
Les conséquences de cela sont bien connues dans les
milieux de l'amateurisme mais il en est rarement suffisamment tenu compte.
Les principales conséquences d'une nourriture de valeur
insuffisante sont:
- beaucoup de problèmes à la suite d'une alimentation
déséquilibrée;
- l'espérance de vie des oiseaux est en moyenne très
basse;
- les résultats d'élevage sont souvent très insatisfaisants;
- la qualité des descendants est même souvent très en
dessous de la
moyenne.
À l'instar de l'industrie d'aliments d'oiseaux aux
Etats-Unis, où dans ce domaine elle a 15 ans d’avance par rapport à l'Europe, il
y a quelques années chez Versele-Laga, on a commencé la production d'aliments
complets pour oiseaux. Il s'agit d'un aliment en granulés, complet, équilibré
dans lequel tous les éléments nutritifs sont présents en quantité optimale.
Il y a deux compositions: un aliment d'entretien et un
aliment d'élevage.
Le produit existe sur le marché sous la dénomination de
Prestige Nutribird et est disponible via les distributeurs d'aliments pour
animaux.
Grâce à un procède moderne de fabrication - la
technologie ainsi appelée d'extrusion - les graines sont moulues jusqu'a l'état
de farine et ensuite, cuites sous forme de granulés après adjonction d'eau et
de vapeur. Par ce procédé, les matières alimentaires sont
« ouvertes » ce qui permet aux différents éléments nutritifs
d'être plus profitables aux oiseaux: l'amidon est transformé en sucres et les
graisses sont mieux assimilables. Par l’adjonction des acides aminés
nécessaires, de vitamines, de minéraux et d'oligo-éléments, on a réalisé une
alimentation par granulés scientifiquement équilibrée qui couvre tous les
besoins alimentaires des oiseaux
Depuis deux ans environ, à titre expérimental, j'ai
nourri la moitié de mes oiseaux avec ces granulés complets.
Après une période d'adaptation d'environ cinq semaines,
les oiseaux sont passés entièrement à l'aliment complet.
J'ai procédé comme suit:
Un grand tonneau avec couvercle a été rempli du mélange
de graines habituel et de granulés extrudés dans la proportion mélange de
graines: granulés = 3 :1. Ensuite, j'ai distribué ce mélange aux oiseaux
pendant environ trois jours en portions qui contenaient la ration pour trois
jours. Chaque fois que les oiseaux étaient nourris, le tonneau était rempli
avec de l'aliment granulé pur et ensuite à nouveau mélangé avec l'aliment qui y
était encore présent.
De cette manière, les oiseaux recevaient chaque fois que
la nourriture était renouvelée, un peu plus de granulés et un peu moins de
mélange de graines.
Comme je l'ai déjà dit, en l’espace d'un mois, les
oiseaux étaient complètement habitués aux granulés extrudés.
Pendant la période de transition, les mangeoires
n'étaient à nouveau remplies que si c'était nécessaire.
Les granulés peuvent être distribués comme nourriture
complète, mais le caractère complet de l'aliment en granulés n'est pas altéré
lorsque l'on y ajoute un maximum de 25 % de graines, des fruits ou des légumes.
Personnellement, j'ajoute environ 10-15 % de leur mélange
de graines favori; ceci pour éviter que lors de la vente d'oiseaux, par
exemple, des problèmes ne surviennent chez l'acheteur.
De cette manière, les oiseaux continuent donc à connaître le mélange de graines
classique. À côté de cette petite quantité de graines, que je donne donc dans
un but préventif (transfert en toute sécurité à un acheteur) mais aussi comme
friandises, mes agapornis reçoivent quotidiennement encore un peu d'aliment
vert, de graines germées et/ou quelques fruits comme indiqué ci-dessus, ensuite
de temps à autre un ver de farine ou un morceau de pain rassis trempé dans du
lait.
Après deux années d'expérience avec cette alimentation,
j'en arrive aux conclusions suivantes:
- en comparaison avec l'autre moitié de mon groupe
d'oiseaux qui
étaient encore nourris de la façon classique, le pourcentage
des
jeunes qui ont atteint le perchoir s'est accru de 30 %;
- les oiseaux nourris aux granulés mangent moins;
- les oiseaux nourris aux granulés boivent plus;
- il y a peu de déchets alimentaires; il ne reste qu'un
peu de poussière
dans les mangeoires;
- il y a peu de gaspillage alimentaire;
- le prix des aliments granulés est plus élevé que celui
des aliments
classiques, mais pour autant que je puisse en conclure,
cette petite
différence de prix représente bien un excellent
investissement.
Conclusion finale: très prochainement, je mettrai aussi
l'autre moitié de mes oiseaux à cette alimentation sous forme de granulés.
Fig. 7
Valeur
moyenne en %
|
Espèces de graines |
pb |
mgb |
cb |
hdc |
cen |
hum |
Ca |
P |
|
Alpiste |
15,1 |
6,1 |
5,3 |
56,0 |
4,7 |
12,8 |
0,05 |
0,55 |
|
Millet du Sénégal |
11,1 |
3,7 |
8,9 |
59,0 |
3,8 |
12,7 |
0,03 |
0,32 |
|
Millet Plata |
11,1 |
3,7 |
8,9 |
59,8 |
3,8 |
12,7 |
0,03 |
0,32 |
|
Millet japonais |
11,1 |
3,7 |
8,9 |
59,8 |
3,8 |
12,7 |
0,03 |
0,32 |
|
Dari |
10,2 |
3,2 |
2,0 |
69,6 |
1,9 |
13,1 |
0,03 |
0,27 |
|
Sarrasin |
11,5 |
2,4 |
10,8 |
57,8 |
2,4 |
15,1 |
0,04 |
0,30 |
|
Avoine (décortiquée) |
13,9 |
8,0 |
1,5 |
64,2 |
1,8 |
10,6 |
0,09 |
0,41 |
|
Froment |
11,5 |
1,7 |
2,1 |
68,8 |
1,7 |
14,2 |
0,05 |
0,33 |
|
Paddy |
7,1 |
2,1 |
10,0 |
64,1 |
5,1 |
11,6 |
0,06 |
0,21 |
|
Chènevis |
19,5 |
32,1 |
16,9 |
18,0 |
4,8 |
8,7 |
0,81 |
0,76 |
|
Graine de tournesol |
14,9 |
29,8 |
26,9 |
17,5 |
3,1 |
7,8 |
0,18 |
0,45 |
|
Graine de carthame |
14,3 |
27,8 |
31,2 |
16,5 |
3,0 |
7,2 |
|
|
|
Graine de lin |
21,5 |
34,2 |
7,3 |
22,3 |
5,3 |
9,4 |
0,23 |
0,66 |
|
Niger |
20,7 |
42,2 |
13,5 |
13,1 |
3,9 |
6,6 |
0,43 |
0,65 |
Fig. 8
Pourcentage
d’acides aminés dans les protéines
|
% blanc d’œuf |
3,8 |
7,0 |
5,0 |
2,0 |
1,6 |
3,6 |
3,5 |
3,0 |
6,5 |
3,5 |
1,0 |
4,0 |
5,0 |
2,0 |
|
Esp. de graines |
iso |
leu |
lys |
met |
cys |
m+c |
fen |
tyr |
f+t |
thr |
try |
val |
arg |
his |
|
Alpiste |
4,0 |
6,6 |
2,0 |
1,3 |
|
|
5,4 |
2,3 |
7,7 |
2,3 |
1,9 |
3,4 |
5,1 |
2,1 |
|
Millet du Sénégal |
4,0 |
11,5 |
1,8 |
2,7 |
1,8 |
4,5 |
5,3 |
3,7 |
9,0 |
3,1 |
1,2 |
5,4 |
3,7 |
2,1 |
|
Millet Plata |
4,0 |
11,5 |
1,8 |
2,7 |
1,8 |
4,5 |
5,3 |
3,7 |
9,0 |
3,1 |
1,2 |
5,4 |
3,7 |
2,1 |
|
Dari |
4,2 |
13,2 |
2,3 |
1,7 |
1,8 |
3,5 |
4,9 |
4,2 |
9,1 |
3,4 |
1,1 |
5,2 |
4,1 |
2,1 |
|
Millet japonais |
4,6 |
11,6 |
1,7 |
1,8 |
2,8 |
4,6 |
5,8 |
2,4 |
8,2 |
3,7 |
1,0 |
6,2 |
3,7 |
1,9 |
|
Sarrasin |
4,0 |
6,3 |
5,4 |
1,9 |
2,4 |
4,3 |
4,6 |
3,0 |
7,6 |
3,9 |
1,7 |
5,4 |
9,4 |
2,4 |
|
Avoine |
3,9 |
7,0 |
3,6 |
1,5 |
2,5 |
4,0 |
4,8 |
3,6 |
8,4 |
3,4 |
1,3 |
5,4 |
6,5 |
2,1 |
|
Froment |
3,8 |
6,8 |
2,9 |
1,7 |
2,3 |
4,0 |
4,5 |
3,1 |
7,6 |
3,1 |
1,1 |
4,7 |
4,8 |
2,2 |
|
Paddy |
3,8 |
7,0 |
4,7 |
2,0 |
2,0 |
4,0 |
4,5 |
3,8 |
8,3 |
4,0 |
1,0 |
6,0 |
7,9 |
2,5 |
|
Chènevis |
4,4 |
7,7 |
2,7 |
2,2 |
|
|
5,8 |
|
|
3,8 |
1,5 |
6,3 |
5,0 |
3,9 |
|
Graine de tournesol |
4,4 |
6,5 |
3,4 |
2,2 |
1,7 |
3,9 |
4,5 |
2,6 |
7,1 |
3,6 |
1,4 |
5,0 |
8,1 |
2,4 |
|
Graine de carthame |
4,8 |
7,3 |
3,7 |
1,1 |
1,6 |
2,7 |
4,2 |
2,8 |
7,0 |
3,6 |
|
5,7 |
10.1 |
2,8 |
|
Graine de lin |
4,3 |
6,0 |
3,7 |
2,0 |
1,9 |
3,9 |
4,6 |
2,7 |
7,3 |
3,8 |
1,8 |
5,2 |
9,1 |
2,1 |
|
Niger |
4,3 |
6,2 |
3,7 |
2,1 |
2,2 |
4,3 |
4,3 |
2,5 |
6,8 |
3,5 |
1,5 |
5,4 |
8,5 |
2,2 |
Texte:
H.W.J. van der Linden