Caïque
à tête orange
Pionites leucogaster (Kuhl, 1820)
Description
Format: environ 23 cm
Mâle et femelle: tête, partie supérieure de la région de
l'oreille et cou orange. Région entre les oreilles et les yeux, côté du cou et
région de la gorge, jaune. Manteau, dos et plumes couvrant le dessus de la
queue vert foncé, de même que les ailes.
Le plumage de la poitrine et du ventre est de couleur
blanc crème, il a un aspect duveteux
(pointe de la plume blanche et effilochée, base jaune clair). Les flancs et les
cuisses sont verts et les plumes du dessous de la queue jaunes. Les grandes
rémiges et la couverture alaire primaire sont bleu violet finement bordées de
vert foncé. La partie supérieure des grandes plumes de la queue est vert foncé,
la partie inférieure gris noir. Ils
ont des yeux foncés avec l'iris rouge prune entouré d'un cercle nu de couleur blanchâtre
rose. Le bec et la cire sont de couleur corne. Les pattes sont de couleur chair
et les ongles de couleur corne.
Sous-espèces
Pionites l. leucogaster (Kuhl, 1820)
Territoire d'origine : Le nord du Brésil au sud de la
rivière Amazone dans la province Para au Nord-est du Mato Grosso et la partie
orientale de la région Amazonienne.
Nom et caractéristiques : voir forme
nominale.
Pionites l. xanthomeria (Sclater, 1958)
Caïque à tête orange à cuisses jaunes.
Territoire d'origine: au sud de l'amont de la rivière
Amazone dans la province Amazonas, ensuite à l'ouest jusqu'à l'est de l'Ecuador,
Pérou et le Nord de la Bolivie.
Caractéristiques : le mâle et la femelle se distinguent
du leucogaster par les flancs et les
cuisses jaunes. Le cercle oculaire nu est grisâtre. Le bec est de couleur corne
mais est un peu plus teinté de gris à la base. Les pattes sont gris foncé et
les ongles sont gris noir.
Note: Certains oiseaux appartenant à cette sous-espèce
ont le cercle oculaire
nu de couleur foncé mais il y en a aussi où ce cercle est de couleur clair,
donc blanchâtre rose; nous connaissons aussi ce phénomène chez la perruche
jendaya (Aratinga jandaya).
Pionites l. xanthurus Todd, 1925
Caïque à tête orange à queue jaune.
Territoire d'origine : le territoire du xanthurus
est coincé entre les territoires du leucogaster et du xanthomeria.
Note: aux frontières des différents territoires, des
formes hybrides apparaissent: au nord et à l'ouest entre les sous-espèces xanthurus
et xanthomeria, au sud-est entre leucogaster et xanthurus.
Caractéristiques : identique au leucogaster, mais de
couleur un peu plus terne dans son ensemble. Les flancs, cuisses et les plumes
du dessous de la queue sont jaunes de même que les parties supérieures et
inférieures des grandes plumes de la queue. Le croupion et les plumes de la
couverture supérieure de la queue sont verts mais tachetés de jaune.
Information
générale
Le caïque à tête orange n'a été importé que de temps en
temps et en petite quantité et n'est donc présent qu'en petite quantité chez
les amateurs. Il est en tout cas plus rare que le caïque à tête noire. On n’en
trouve en général que chez les amateurs qui se sont intéressés spécialement à
l'élevage de ces caïques. Bien que les oiseaux bien acclimatés ou élevés en
captivité soient très solides et qu'ils puissent atteindre un âge raisonnable
(30 ans et plus), ils conviennent, d'après moi, moins bien pour les amateurs
débutants.
Note: aux frontières des territoires de P. leucogaster et P. melanura,
les 2 espèces s'hybrident entre elles.
Certains ornithologues supposent que P. l. xanthomeria serait un
produit du croisement des 2 espèces.
Comportement
C'est un oiseau très vivant, agile dans ses mouvements, ses
capacités de grimper sont sans égal et contrairement à la plupart des
psittacidés, il n'emploie pas son bec. Il est très curieux de nature et adore
ronger. Il est également fort bruyant et émet un son dérangeant et strident. Ces
oiseaux dorment dans leur nichoir. Si on les compare à d'autres psittacidés,
ils mangent beaucoup par rapport à leur taille. Il n'est pas tolérant envers
d'autres psittacidés mais supporte d'autres espèces de Pionites en dehors de la
saison de reproduction.
Un couple de caïques est inséparable. Ils font tout
ensemble: manger et boire ensemble, se baigner ensemble, ils sont toujours
perchés l'un à côté de l'autre, ils dorment ensemble et lorsqu'ils commencent à
crier, et ils font cela très bruyamment, ils le font aussi ensemble. Je ne
connais pas d’autre oiseau chez qui le désir de compagnie d'un oiseau de sa
propre espèce soit aussi fort que chez le caïque.
Déjà rien que pour cette raison, il serait impensable de tenir un tel oiseau seul
et de ne pas témoigner d'amour pour ses oiseaux.
Logement
et soins
II faut les détenir par couples en volière avec un abri
de nuit attenant. Du fait de leur envie de ronger, il est préférable de détenir
ces oiseaux dans des volières en métal avec un abri de nuit en briques. La
volière doit avoir au moins (longueur x
largeur x hauteur) 2 x l x 2 m et leur abri de nuit au minimum l x l x 2 m. Il
faut aménager les volières intérieures de telle manière qu'il soit possible de
les chauffer à 15°C pendant les mois d'hiver. Les oiseaux peuvent sans problème
sortir à l'extérieur pendant les mois froids mais doivent aussi avoir la
possibilité d'éviter le froid. Les caïques à tête orange ne peuvent pas être
détenus en solitaires dans une cage (voir comportement).
Des caïques qui viennent d'être importés doivent être
acclimatés avec soin. Ceci n'est pas très facile car certains sont
particulièrement difficiles dans leurs préférences mais il y en a d'autres qui
essayent tout ce que nous leur présentons. En général, ils préfèrent les
grosses graines aux petites et les fruits aux légumes. En général, ils
acceptent directement les graines de tournesol, les épis de maïs mi-mûrs, les
pépins de pommes et les noix. Ceci est également valable pour la pomme, banane,
raisins trempés et figues non sulfurés.
Ils aiment aussi boire de l'eau dans laquelle on a dilué du miel. Au bout d'un
moment il faut élargir leur menu avec un mélange de graines plus varié de même
qu'avec des légumes (voir alimentation). Surtout au début, certains oiseaux
peuvent être des pensionnaires difficiles et cela peut prendre des mois avant
qu'ils n'acceptent une nourriture qu'ils ne connaissent pas.
Pendant la période d'accoutumance veillez à leur procurer une température
constante de 20 ° C. Des caïques complètement acclimatés et des exemplaires nés
en captivité ne sont vraiment pas compliqués au niveau nourriture et mangent
tout ce qu'on leur présente.
Le nichoir dans lequel les oiseaux vont passer la nuit et
probablement reproduire doit être pourvu d'une couche de bois vermoulu ou de
copeaux de bois et doit être suspendu le plus haut possible dans l'abri de
nuit, mais de telle façon que les oiseaux puissent quand même encore se percher
dessus.
En opposition avec la plupart des perruches
sud-américaines, qui ont une nette préférence pour un nichoir naturel, le caïque
à tête orange accepte assez facilement un nichoir boite. Les parois des
nichoirs doivent avoir au moins 4 cm d'épaisseur.
Cette épaisseur de parois est nécessaire car les oiseaux
rongent les parois intérieures. Mesures d'un nichoir boite: hauteur 50 cm,
surface de base 20 x 20 cm, diamètre du trou d'entrée: 6 cm. Les mesures d'un
tronc naturel sont: hauteur 50 cm, diamètre intérieur 23 à 25 cm, diamètre trou
d’entrée 6 cm.
Des branches fraîches de saule ou des branches d'arbres
fruitiers (non pulvérisées) pour ronger doivent être présents en grande
quantité. Ces oiseaux aiment se baigner et même plusieurs fois par jour, ce qui
fait que de l'eau fraîche doit toujours être présente. Eventuellement il faut
prévoir une installation d’arrosage.
Alimentation
Pour l'alimentation de caïques à tête orange, il faut
avoir un équilibre dans la quantité de graines et la quantité de fruits et légumes
et en plus leur fournir des graines germées et de la pâtée à l'oeuf.
Concernant le mélange de graines, il faut préparer un
mélange de 20 % de carthame, 5 % de graines de tournesol, 25 % de dari, 10 % de
paddy, 10 % d'avoine pelée, 5 % de froment, 5 % de sarrasin, 5 % de chanvre, 5
% d’alpiste, 5 % de millet et les 5 derniers % sont constitués d'arachides non
grillées et pelées et quelques noix cassées. Pour ce qui est de la partie
fruit, on peut choisir entre pomme, poire, orange, banane, raisin, cerises,
fraises, cynorhodons et baies de sorbier. Les légumes sous forme de carotte,
poivron,
salade, concombre, maïs mi-mûr, et mouron. De même des graines germées sont
très appréciées.
Quelques fois par semaine vous pouvez saupoudrer les
fruits avec une préparation de multi vitamines et de minéraux disponibles dans
le commerce. En dehors de la saison de reproduction, donnez-leur un peu de
pâtée à l'oeuf humidifiée avec des graines germées. Chaque jour leur donner de
l'eau fraîche, du gravier pour l'estomac et du grit.
En saison de reproduction, il faut leur donner quotidiennement
la quantité de pâtée à l'oeuf qu'ils consomment sur la journée. Des protéines
sont disponibles sous la forme de quelques crevettes ou de croquettes pour
chien. Vous pouvez aussi leur proposer de la panade pour lori.
Elevage
II y a de temps en temps des cas réussite de reproduction
mais la tendance est positive car le nombre de couples reproducteurs est en
augmentation ces dernières années. Le premier problème se pose au moment de la
composition du couple. Il n'y a pas de dimorphisme et il arrive que deux mâles
ou deux femelles se comportent comme un couple. Des détails qui sont donnés
souvent pour les différencier comme la différence de grandeur et largeur de la
mandibule supérieure reposent sur des coïncidences et ne donnent aucune
certitude sur la nature du sexe. Si l'on veut être sûr de posséder un couple,
il faut passer par un examen endoscopique. En même temps il est possible de
contrôler si les oiseaux sont en bonne santé et s'ils sont à maturité sexuelle.
Actuellement il est aussi possible de faire faire un examen par ADN.
Les caïques à tête orange sont à maturité sexuelle après
5 ans, il ne faut rien attendre plus tôt.
Lorsque les oiseaux commencent à avoir des envies de
nidification vers le mois
de mai, le nichoir est préparé. Nous voyons cela car les oiseaux rongent les
parois intérieures. Certaines femelles, aidées par leur mâle, traînent de
petites branches dans leur nichoir. Celles-ci sont décortiquées dans le nid et
ensuite les bois les plus durs sont rejetés à l'extérieur. Avec le matériel
ainsi obtenu un nid en forme d'écuelle est formé. Si les parois du nichoir sont
trop fines, il existe le danger que les oiseaux aient démoli le nichoir avant
la ponte du premier oeuf, ce qui fait que je conseille toujours de veiller à ce
que les parois aient au minimum 4 cm d'épaisseur.
La ponte est constituée de 2 à 4 oeufs. Ceux-ci sont
pondus tous les deux jours et en général dans les premières heures du jour. Il
est fréquent q’une certaine quantité d'œufs ne soient pas fécondés. La femelle
couve à partir du premier oeuf, tâche qu'elle accomplit seule pendant environ
25 jours mais cette durée peut aussi varier en fonction de la température de la
pièce. Le mâle nourrit la femelle dans le nid et lui tient compagnie la nuit.
Les 9 à 10 premiers jours après la naissance, la femelle nourrit seule les
poussins mais est ensuite aidée par le mâle. Quand les hampes font leur
apparition, les poussins doivent être bagués avec une bague de 7 mm. Le
contrôle du nichoir est possible mais soyez vigilant vis-à-vis de l'agressivité
des parents pendant cette période. Les jeunes quittent le nid en général entre
la 11ème et 12ème semaine. Dix jours plus tard ils
mangent seuls mais sont quand même encore alimentés par les parents pendant
environ 5 semaines.
Mutations: aucune
Texte: H. W. J. van der Linden