LA CONURE CUIVRÉE

 

La conure cuivrée habite une grande partie de l'Amérique du Sud allant du Panama au Nord-est du Brésil. On la trouve aussi dans un certain nombre d'îles de la Mer des Caraïbes englobées dans ce périmètre, il s'agit entre autres de Aruba, Bonaire et Curaçao.  La forme nominale décrite par Linné, Aratinga pertinax pertinax ne se trouvait que sur Curaçao. Elle a également été importée il y a longtemps sur l'île de St Thomas, partie intégrante des Iles Vierges. Cette intervention humaine a eu comme corollaire que le nom de St Thomas intervient dans beaucoup de langues pour désigner communément l'espèce.

 

Répartition

La forme nominale ne vit qu'à Curaçao et à Saint Thomas.   

Voir à ce sujet la carte détaillée ci-dessous.

 

 

 

Appellations

Scientifique: Aratinga pertinax

Néerlandais: Sint-Thomasparkiet

Anglais: Brown-throated Parakeet

Allemand: Braunwangensittich

Italien: Conuro golabruna

 

Entrée en matière

La Conure cuivrée ne compte pas moins de 14 sous-espèces!

 

Aratinga pertinax pertinax

Aratinga pertinax surinama

Aratinga pertinax aeruginosa

Aratinga pertinax griseipecta

Aratinga pertinax lehmanni

Aratinga pertinax arubensis

Aratinga pertinax xanthogenia

Aratinga pertinax tortugensis

Aratinga pertinax margaritensis

Aratinga pertinax venezuelae

Aratinga pertinax chrysophrys

Aratinga pertinax chrysogenys

Aratinga pertinax paraensis

Aratinga pertinax ocularis

 

Les différences entre sous-espèces résident surtout dans les couleurs et le patron de dessin de la tête. Disons tout de suite que la plupart ne diffèrent que par peu de détails. L'amateur moyen aura donc bien des difficultés à les distinguer entre elles surtout que les détails écrits manquent cruellement à ce sujet.

 

Description

Mâle et femelle:

La taille avoisine les 24 cm. Le front, les lores et les côtés de la tête sont un mélange d'orange et de jaune. On rencontre une surface transitoire bleue verdâtre juste après le jaune orangé du front, elle devient vert d'herbe foncé sur la couronne et s'étend jusque dans la nuque. La couleur générale est le vert: nuque, manteau, couverture alaire, croupion et couverture supérieure caudale sont vert d'herbe foncé.  Le ventre, les flancs, les cuisses et la région anale sont vert jaunâtre. On peut voir une zone de plumes d'une surface variable et d'une couleur orange mitigée (plusieurs teintes) en plein milieu du ventre. Gorge et poitrine sont brun olivâtre. Les grandes rémiges sont vertes et se terminent en bleu foncé. Les rémiges secondaires sont bleu roi. Le dessus des rectrices est vert et se termine en bleu verdâtre; le dessous est jaune olivâtre terne. Les yeux sont pratiquement noirs, l'iris est jaune et chaque œil est cerclé de peau nue de couleur crème. Le bec est gris brunâtre, les pattes sont grises et leurs ongles sont gris foncé.

 

Biotope

La conure cuivrée est très commune sur l'île de St Thomas.  Il y a semble-t-il toutefois une concentration de population sur la partie orientale de l'île. Sur l'île de Curaçao, on la trouve pratiquement partout où il y a des arbres, on la rencontre régulièrement sur le Mont St Christophe qui culmine à 375 mètres. Les Conures cuivrées forment de grands groupes qui peuvent atteindre une centaine d'individus en dehors de la saison de reproduction. Elles se nourrissent de graines, de semences de légumineuses sauvages, de fruits de cactus et d'arbres comme les manguiers, les grenadiers et les néfliers. Lorsque les cultures humaines mûrissent, elles se repaissent de petit maïs « maishi chikita »  la plante de culture traditionnelle à Curaçao.

 

La Conure cuivrée niche dans les parois calcaires trouées de niches et fissurées; dans les cavités de troncs d'arbres mais surtout dans les termitières installées dans les arbres.  Les Conures creusent un couloir courbe dans ces termitières au moyen de leur bec; ce couloir a un diamètre allant de 7 à 10 cm et une longueur de 50 cm environ.  Le nid en lui-même se trouve à l'extrémité du couloir, il s'agit d'un espace ovoïde de 25 cm de long par 15 cm de haut.  La femelle y pond entre quatre et sept œufs.

 

Soins à donner et élevage

Les plus anciennes dépouilles de Conure cuivrée se trouvant au Musée Royal des Sciences Naturelles de Leiden datent de 1885. Partant de là, nous pouvons estimer que la forme nominale Aratinga pertinax pertinax a fait son entrée aux Pays-Bas il y a un peu plus d'un siècle. Elle n'a toutefois jamais été importée en masse. Il n'y a d'ailleurs qu'une poignée d'amateurs qui en élèvent aux Pays-Bas. La majorité des conures cuivrées mises en vente dans les magasins sont des membres des sous-espèces chrysophrys, venezuelae, aeruginosa, tortugensis et surinama.  J'estime la population de "vraies" conures cuivrées aux Pays-Bas à une dizaine d'individus!

 

Toutes les formes d'Aratinga pertinax sp. sont bruyantes et ravageuses.  Elles ne se baignent guère en dehors de la saison des nids.  Ce sont des oiseaux qui n'offrent pas de résistance au froid, il faut donc veiller à ce qu'ils puissent se réfugier dans un local chauffé durant les nuits de mauvaise saison.  Les Conures cuivrées n'ont pas vraiment besoin d'un grand espace; elles se contentent vite d'une volière qui fait 2x 0,8 x 2 mètres (longueur x largeur x hauteur), local chauffé compris!  Elles aiment dormir dans un bloc nichoir.  Elles préfèrent des nichoirs naturels comme la plupart des perruches américaines.  Un nichoir mesurera idéalement 40 à 60 cm de hauteur, il aura un diamètre intérieur de 20 à 25 cm et le trou d'envol fera 6 cm de diamètre tandis que l'épaisseur de la paroi sera de 10 cm environ.

 

Il faut donner une nourriture de haute qualité; elle se composera d'un bon mélange de graines pour grandes perruches, de beaucoup de fruits, surtout des pommes et des poires. Des carottes et des épis de maïs à demi mûrs sont aussi indiqués. La conure cuivrée aime aussi toutes sortes de semences sauvages, on peut lui en donner à profusion. On procure aussi journellement un peu de pâtée aux œufs et mieux encore un peu de pâtée universelle enrichie d'insectes lyophilisés. On humectera ces pâtées au moyen de maïs ou de haricots mungos germés.  Il faut évidemment que de l'eau fraîche de boisson ou de bain soit toujours à disposition.  Prévoir aussi du gravier d'aide à la digestion et du grit.  Enfin donner des branches fraîches à profusion pour qu'elle puisse donner cours à son caractère ravageur.

 

On a déjà réussi à maintes reprises l'élevage de la forme nominale en captivité.  Selon ce que j'ai pu apprendre, le premier succès est à mettre au compte d'un éleveur californien du nom de Putnam. La première réussite hollandaise date de 1968 et est inscrite au nom de W. De Leeuw.  Son couple résidait dans une volière de grande taille aux dimensions suivantes: 7 x 2,5 x 2,5 mètres avec deux Agapornis roseicollis, deux perruches nandays, des conures casquées et un certain nombre d'oiseaux exotiques dont la nomenclature est inconnue.

 

C'est vers le milieu du mois de mai que fut aperçu le premier œuf.  Quatre suivirent dont la ponte était à chaque fois espacée par un jour.  Le premier jeune est né 26 jours après la ponte du premier œuf et l'éleveur a supposé que la mère s'est mise à couver dès la ponte du premier œuf et il en a déduit que la durée de couvaison devait être de ce nombre de jours, à tort, j'y reviendrai.

 

Trois jeunes naquirent, un œuf était clair et le dernier contenait un embryon mort.  La jeune conure cuivrée est presque complètement nue à la naissance, elle a encore les yeux clos.  Le bec est pâle et presque complètement rectiligne.  Les premières plumes apparaissent dès le dixième jour et les yeux s'ouvrent alors.  Les petits peuvent être bagués dès qu'ils ont douze jours avec un modèle d'un diamètre de 6 mm.  Ils sont complètement emplumés au bout de six semaines et ils quittent le nid quelques jours plus tard. Le sevrage intervient trois semaines plus tard.

 

Les oiseaux reçoivent du pain gris trempé de lait durant la période d'élevage; ce pain est saupoudré de Biomix® et de sirop d'églantier.

 

Durée de couvaison

Laissez-moi revenir maintenant sur la durée de couvaison.

Elle est de 23 jours par œuf chez toutes les espèces d'Aratinga. La couvaison débute selon les cas, dès le premier œuf, le second ou le troisième; cela varie selon les femelles, il n'y a pas de règle fixe. Il se peut qu'une même femelle débute la couvaison dès le second œuf au premier tour et qu'elle ne se mettra à couver qu'au troisième au tour suivant!  On donne souvent par ignorance des durées de couvaison fausses, car trop longues, dans les rapports d'élevage.  On parle souvent implicitement de durée de couvaison de toute la ponte. Il arrive très souvent que l'amateur calcule erronément le début de la couvaison.  Il se peut aussi que l'on néglige les œufs clairs (qui sont souvent les premiers pondus).  On omet aussi le fait que pas mal de femelles restent au nid après la ponte du premier œuf sans couver pour cela!  J'enfonce une porte ouverte en disant qu'il est d'une grande importance de constater la date réelle de début de couvaison.

 

 

Texte: H.W.J. van der Linden