La perruche à collier compte quatre sous-espèces, je m'en
tiendrai pourtant à la seule sous-espèce Psittacula
krameri manillensis, la perruche à collier indienne. Il s'agit d'un oiseau
mesurant 42 centimètres de longueur et qui vit dans le sud de la péninsule
indienne, au Sri Lanka et dans l'île de Rameswaran.
La
perruche à collier indienne
Appellations
Scientifique: Psittacula
krameri manillensis
Néerlandais: Halsbandparkiet
Anglais: Rose-ringed Parakeet
Allemand: Halsbandsittich
Italien: Parrocchetto dal collare
Sous-espèces
Psittacula
krameri krameri (Scopoli, 1769) – Perruche de Kramer
Psittacula
krameri manillensis (Bechstein, 1800) – Perruche à
collier indienne
Psittacula
krameri borealis (Neumann, 1915) – Perruche à collier
d’Assam
Psittacula
krameri parvirostris (Souancé, 1856) –
Perruche à collier d’Abyssinie
Description
Psittacula krameri manillensis
Taille:
Mâle: La couleur générale du corps est vert
d'herbe clair de tonalités variables. Le plus clair se trouve sur les joues
tandis que le bas du corps est plutôt jaunâtre. Des lores étroits de couleur
noire partent de la base du bec en se dirigeant vers les yeux. Le menton est noir profond. On aperçoit de
chaque côté de celui-ci une bande noire allant en se rétrécissant et en
s'arquant vers le haut en direction des côtés du cou. Ce
dernier montre une autre bande rose profond qui réunit dans le cou les
deux bandes noires dont je parlais précédemment. L'occiput et la nuque sont
couverts d'un dépôt bleuâtre.
Les rectrices médianes allongées sont bleu vert, jaune
vert à leur extrémité. Les rectrices restantes sont vert
d'herbe. Le dessous de la queue est jaune grisâtre. La mandibule supérieure du
bec est rouge et son extrémité est noire. L'inférieure est noire. Les yeux sont
sombres et dotés d'un iris jaune blanchâtre. Les pattes sont gris verdâtre et
les ongles sont gris foncé.
Femelle: On n'aperçoit pas de tache au menton ni la bande
sur chaque joue chez la femelle; la
bande rose est également absente, l'occiput et la nuque étant vert d'herbe uni. Les lores étroits et noirs sont bien là mais moins
affirmés que chez le mâle. Les rectrices médianes allongées sont plus courtes
que chez ce dernier, cela donne dès lors une taille légèrement moindre.
Biotope
La perruche à collier indienne se rencontre couramment
dans les régions boisées de manière aérée et dans les endroits défrichés gagnés
sur la forêt. On en aperçoit en grands
nombres dans les faubourgs citadins et même dans les parcs urbains. Ces oiseaux
vivent normalement en petits groupes mais lorsque la nourriture est abondante,
beaucoup de ces groupes s'agglomèrent et forment des vols massifs de plusieurs
centaines d'oiseaux. Ces derniers passent souvent la nuit agglutinés dans des
bouquets d'arbres à la manière des sansonnets de chez nous.
La perruche à collier indienne se nourrit de semences, de
fruits, d'inflorescences et de nectar. Elle ne néglige pas d'apporter une
petite visite aux cultures de céréales et de tournesol au moment des moissons. Il
arrive que vingt pour cent environ de ces dernières passent dans l'estomac des
oiseaux! Ces derniers peuvent créer bien des dégâts également dans les
plantations de café et dans les vergers.
La perruche à collier indienne construit son nid dans une
cavité de tronc ou de grosse branche. Le bec puissant de l'espèce permet aux
oiseaux de travailler un tout petit creux pour en faire une chambre
suffisamment grande pour élever des nichées. On a noté les dimensions suivantes
dans des nids trouvés dans la nature: diamètre du trou d'envol: onze
centimètres; profondeur de la chambre de nidification: septante-cinq
centimètres.
Le nid de la perruche à collier indienne se trouve à
environ 3,5 mètres du sol. Il est
courant qu'un couple utilise un nid abandonné de Barbus ou de Pic. On a trouvé
des nids dans les vides sous les toits des maisons ou dans des trous de mur. La
reproduction dans la nature débute en décembre et dure jusqu'en juin de l'année
suivante, parfois même jusqu'en juillet. Une nichée normale comprend entre
trois et cinq œufs.
Aviculture
La détention de cette espèce date de déjà bien avant
notre ère! La légende raconte
qu'Alexandre le Grand ramena des perruches à collier de ses périples de
conquête en Inde. Légende ou argent comptant? Je vous laisse la décision. Toujours
est-il que la perruche à collier était déjà très populaire du temps de l'empire
romain! L'historien romain du nom de
Martial, un contemporain de Jules César et d'Auguste raconte que les oiseaux
étaient détenus dans des cages en ébène, en argent ou faites d'écailles de
tortues. Leur succès était dû au fait que l'espèce était très douée pour imiter
la voix humaine. Des "maîtres" spéciaux étaient nommés pour apprendre
aux oiseaux à perfectionner leur registre. On dit aussi qu'un oiseau doué
valait plus qu'un bon esclave!
Les premiers résultats connus avec certitude concernant
l'élevage de la perruche à collier datent de la fin du 19ème siècle. Otto
Wigan, un amateur allemand a réussi l'élevage en 1872 et W. T. Greene, un
amateur britannique y est arrivé en
Logement
La perruche à collier a besoin d'un bel espace de vol. Une
volière de dimensions normales pour l'espèce fait bien cinq à six mètres de
longueur, un mètre de largeur et deux mètres de hauteur; le réduit servant à
passer la nuit y compris. Dites-vous bien qu'il s'agit là de dimensions
minimales! Deux perchoirs (un à chaque extrémité) et pas plus pour permettre
aux oiseaux qui vivent dans la volière de bénéficier d'un maximum d'espace de
vol. La perruche à collier est très sensible aux engelures des orteils et il
est conseillé de recouvrir le treillis se trouvant au-dessus des perchoirs
extérieurs avec un film plastique ou un plastique ondulé translucide. Les
perchoirs restent secs, n'étant pas exposés directement aux intempéries et ils
ne gèlent alors pas en hiver. Les perchoirs doivent être d'un beau diamètre; le
plumage recouvre les pattes lorsque les oiseaux perchent pour dormir, en les
protégeant du froid de manière optimum.
La perruche à collier n'est pas spécialement connue pour
être un oiseau rongeur du bois. Il est conseillé malgré tout, dans le cas d'une
volière en bois, d'appliquer le treillis à l'intérieur des cadres de bois; une
volière en métal remportant quand même les suffrages. Placer un treillis double
entre les volières attenantes en laissant un espace de 4 à
La perruche à collier n'est pas regardante sur le choix
du bloc, artificiel ou naturel, tout en ayant une préférence marquée pour le
naturel. Le diamètre du bloc sera de 25 à
Alimentation
La perruche à collier est facile à nourrir. On lui
donnera un bon mélange de graines pour grandes Perruches et des fruits (pomme,
poire et orange figurent parmi les plus appréciés). Elle aime aussi manger des
baies du sorbier des oiseleurs. Les fruits ne doivent de toute manière jamais
manquer au menu; on y ajoute des légumes comme des carottes, du chou et des
épis de maïs à moitié mûrs. Il faut ajouter de la pâtée d'élevage aux œufs, du
pain rassis trempé dans le lait et un peu de graines germées lorsqu'il y a des
jeunes.
La présence de branches de saule régulièrement
renouvelées est aussi indispensable pour permettre aux oiseaux d'assouvir leur
éventuel besoin de ronger. On peut
éventuellement remplacer le saule par des arbres fruitiers mais il faut
s'assurer que ces derniers n'aient pas été pulvérisés à l'insecticide.
La perruche à collier aime se baigner et il faut agir en
conséquence. Ne pas donner aux oiseaux l'occasion de se baigner lorsqu'il gèle,
l'eau de boisson devra donc toujours être donnée dans des récipients qui ne
laissent pas aux oiseaux l'occasion de se baigner.
Elevage
La perruche à collier n'est prête à se reproduire qu'à
partir de sa troisième année. Les mâles sont alors en pleine couleur. Les
spécimens prêts à se reproduire sont reconnaissables à la manière dont ils
grattent le fond de sable de la volière où ils vivent. Le mâle commence sa cour
très tôt dans l'année. Il est en fait encore trop tôt pour débuter l'élevage
compte tenu de la température à ce moment de l'année et on fait bien
d'interdire l'accès au nid en en barricadant le trou d'envol jusqu'en mars.
La cour de la perruche à collier est compliquée. La
femelle étale un peu les ailes durant le rituel, elle fait tourner les yeux et
meut la tête en demi-cercles tout en frottant son bec contre celui de son partenaire.
Le mâle se dirige alors fièrement vers la femelle, lui donne la becquée, se
dresse en levant souvent une patte. La danse nuptiale peut durer un certain
temps et elle se termine lorsque la femelle est prête à copuler.
Une ponte normale comprend trois à cinq œufs, dans certains
cas cela va jusqu'à six. La femelle couve seule depuis l'avant-dernier œuf
durant vingt-trois jours environ.
Une jeune perruche à collier naît nue et la couleur de sa peau est rose, son bec est
pâle et ses yeux sont clos. Ces derniers s'ouvrent aux alentours du neuvième
jour; le temps est alors venu de penser à baguer les jeunes avec un modèle au
diamètre de six millimètres. Les premiers étuis s'ouvrent après deux semaines
et le plumage est pratiquement complet à l'âge d'un mois, il ne reste que la
région du cloaque qui soit encore nue.
La nichée quitte le nid protecteur lorsqu'elle a à peu près un mois et
demi. Les parents s'occupent encore d'elle durant un bon laps de temps. Une
jeune Perruche à collier est le portrait de sa mère mais les rectrices médianes
ne sont pas encore allongées.
Mutations
Il existe un grand nombre de mutations de couleur chez
Lutino
Il s'agit de la plus ancienne mutation. Elle a vu le jour
(si j'ose dire) à la fin du 19ème siècle dans la nature. Quelques spécimens capturés dans la décennie
1920 firent le voyage vers
Le corps est d'un jaune doré profond, le bec est rouge et
la bande du cou du mâle est rose et blanc.
Les yeux sont rouges et les pattes sont couleur chair avec des ongles
blancs aux orteils. L'hérédité de cette
mutation est liée au sexe.
Bleue
La mutation bleue nous vient aussi de la nature. Un
couple de cette forme aboutit en Grande Bretagne dans la collection du duc de
Bedford en 1950. Ce couple produisit trois jeunes en 1951, quatre l'année
suivante et encore quatre en 1953. Il est fort probable que tous les oiseaux de
cette forme vivant aux Etats-Unis et en Europe descendent de cette souche.
Tout le corps est bleu, le plus clair sur la calotte et
sur le front. La bande du cou du mâle
est grise et ourlée de blanc. La femelle est toute bleue. Le bec est rouge.
La mutation bleue a une hérédité récessive vis-à-vis de
la forme sauvage.
Albinos
L'albinos n'est pas une mutation mais a vu le jour suite
au croisement du facteur ino avec le bleu.
Il sera alors possible si tout va bien, d'espérer un petit pourcentage
de femelles blanches dans la génération F2.
Pallid
La mutation pallid nous vient elle aussi du milieu
naturel. Il est prétendu qu'un spécimen
fut capturé dans les années 1970 pour être ensuite acheminé vers l'Europe. La
couleur dominante du corps est le vert pâle. La bande est ici brun grisâtre et
le mâle possède une bande double brune et rose. La femelle est d'une teinte
plus claire que celle du mâle (brun). Les yeux des oiseaux pallid sont
rougeâtres; le bec est rouge. L'hérédité de cette mutation est liée au sexe; on
note un allèle récessif de l'ino locus couplé au chromosome X.
Fallow
tête pâle
La tête jaune mise à part, cette mutation a une couleur
corporelle fortement éclaircie, il s'agit d'un vert plus ou moins pastel. La
séparation des couleurs de la tête est assurée par la bande du mâle et la femelle
a la tête uniquement jaune. Les yeux sont plus rouges que ceux de la mutation
pallid, ils semblent translucides. Le
bec est encore et toujours rouge.
L'hérédité est récessive autosomique.
Fallow
bronze
Le soi disant Fallow bronze est en fait un fallow
assombri avec une couleur corporelle moins claire que celle du Fallow tête
pâle. L'iris de l'œil est ici nettement
visible.
L'hérédité est récessive autosomique. Cette mutation a
été rendue possible par l'action d'un allèle du facteur ino récessif
autosomique.
Cinnamon
Cette mutation est plus jaune verdâtre et la couleur de
la tête est le jaune. La bande du cou du mâle est brune. La femelle possède une
tête jaune mais sa couleur corporelle est plus légère que celle du mâle tout en
étant teintée de brun.
Hérédité: récessive liée au sexe.
Dilué
La couleur dominante de cette mutation est le jaune
recouvert d'un dépôt bleu dans la série bleue. On a souvent donné le nom de
"jaune à œil blanc noir" à celle-ci.
Hérédité: récessive autosomique.
Gris
La couleur est, comment pourrait-il en être autrement, le
gris! Le mâle a une bande noire bordée
de blanc dans le cou. Le bec reste ici aussi rouge.
Le facteur gris a une caractéristique dominante
incomplète (co-dominante).
Gris
vert
Le gris vert est un croisement entre le gris et le vert. Tous
les jeunes obtenus sont gris vert lorsqu'on accouple un oiseau homozygote gris
à un homozygote vert. La perruche à collier gris vert est parfois taxée de
d'olive vert, cela est erroné car l'olive vert est un vert avec deux facteurs
sombres.
Turquoise
Crème
ino
La perruche à collier crème ino est un hybride de la mutation
ino avec la turquoise. Il se peut que des femelles crème ino sortent de cette
combinaison en génération F2. Le crème ino a tout d'un oiseau lutino fortement
éclairci.
Ourlé
dominant
La perruche à collier ourlé dominant est une mutation
dotée d'un effet de réduction de pigmentation sur les ailes amenant un effet
d'ourlet.
Cette mutation est comme le nom l'indique, dominante
autosomique (co-dominant).
Facteur
foncé
Cette mutation est née en Europe. Ce facteur permet l'élevage
d'oiseaux vert foncé, vert olive, bleu cobalt et mauves.
L'hérédité est incomplètement dominante autosomique
(co-dominant).
Facteur
violet
Ce facteur est apparu pour la première fois en Amérique. C'est
là que les premiers double facteur violet et sombre
ont été élevés. Il s'agit d'oiseaux superbes à ce que l'on prétend.
Le facteur violet a une hérédité incomplètement dominante
autosomique (co-dominant).
Panaché
récessif
Voici enfin le panaché récessif, une mutation à
l'hérédité autosomique avec formation de couleur récessive.
Il reste encore quelques autres mutations que nous
pourrions ajouter à cette liste mais j'estime avoir cité les plus connues
ci-dessus. Il est évident que beaucoup
de mutations sont possibles compte tenu de celles existantes et qu'elles sont
toutes combinables en principe.
L'avenir nous dira si toutes ces mutations donneront de
beaux oiseaux d'exposition, qui vivra verra. Ce qui est certain c'est que nous
ne sommes pas encore au bout du chemin avec la perruche à collier.
Texte: H.W.J. van der Linden