LE GENRE
CHALCOPSITTA (Bonaparte, 1850)
LES LORIS SUPERBES
1. Le lori noir
Chalcopsitta atra (Scopoli
1786)
Description
de l'espèce
Taille: 31 centimètres.
Mâle et femelle: la couleur générale du corps est noire. Le tout est
lustré de mauve à pourpre. Le croupion et les plumes de couverture caudales
sont d'un bleu mauve. Le dessous de la queue est orangé à la base, la couleur
vire au jaune olivâtre lorsqu'on regarde vers l'extrémité des plumes. L'iris
est orangé chez le mâle et plus brunâtre chez la femelle. Les yeux sont cerclés d'un périmètre nu de
couleur noire. Le bec est noir tout comme la cire; le long de l'insertion de la
mandibule inférieure on peut remarquer une étroite bande dépourvue de plumes et
de couleur noire (peau). Les pattes sont gris foncé et les ongles sont noirs.
Sous-espèces
On connaît quatre sous-espèces, il s'agit de:
Chalcopsitta atra atra (Scopoli,
1786) - le lori noir.
Il s'agit de la forme nominale identifiant l'espèce.
Sa description se trouve ci-dessus. On la trouve au Nord-ouest de
la Nouvelle-Guinée (Vogelkop) et sur les îles Batanta et Salawati.
Chalcopsitta
atra bernsteini (von Rosenberg, 1861) - le lori de
Bernstein.
Répartition: il vit uniquement sur l'île de Misool.
Ses caractéristiques sont:
Taille: 34 centimètres.
Mâle: montre une forte ressemblance avec la forme nominale mais
les petites plumes se trouvant sur le front et sur les cuisses sont ourlées de
rouge pourpre clair. Le croupion est plus bleu, le rouge du dessous des ailes
est absent.
Femelle: comme le mâle mais l'impression de rouge pourpre sur les
cuisses est moins accentuée.
Chalcopsitta
atra insignis (Oustalet, 1878) - le lori rajah.
Répartition: partie orientale de la Nouvelle-Guinée du Nord-ouest
(Vogelkop) et l'île Amperpon.
Caractéristiques:
Taille: 29 centimètres.
Mâle et femelle: se différencient de la forme nominale par un
front rouge et un bord rouge étroit sur l'arrondi de l'aile ainsi que par des
cuisses rouges. La partie antérieure des joues est de couleur rouge pour
devenir graduellement noire, à partir de la gorge, comme sur le reste du
corps. La gorge, les flancs et la
poitrine trahissent çà et là des plumes ourlées légèrement de rouge. Le
croupion et les plumes de couverture caudale sont bleu mat, les sous caudales
sont quant à elles bleu grisâtre. La
tête est rayée de gris bleuâtre.
Chalcopsitta
atra spectabilis (Van Oort) - Lori de Mamberiok.
Cette sous-espèce est très discutée, son "existence" est
fondée sur la découverte d'un seul exemplaire sur la presqu'île de
Mamberiok. Il est plus que probable
qu'il s'agisse d'un hybride entre Chalcopsitta
atra insignis et Chalcopsitta
scintillata scintillata.
Généralités
Il s'agit là d'oiseaux assez rares en volière surtout sur le plan
privé. Pourtant toutes les sous-espèces
sont présentes dans les collections de particuliers de par le monde, exception
faite toutefois pour Chalcopsitta a.
spectabilis. La forme la plus répandue étant la forme nominale. Toutes les formes ont donné de la descendance
en volière avec encore une fois une exception pour Chalcopsitta a. spectabilis qui est restée sans, il faut toutefois
dire que l'élevage est très peu fréquent. Il est aussi malheureux de devoir
constater qu'à cause de mariages fautifs dans le passé, il existe des oiseaux
de race impure sur le marché. Raison de plus de faire bien attention aux
caractéristiques de ces oiseaux lors de leur achat! Il va sans dire que ces
oiseaux ne sont indiqués que pour des spécialistes ou des amateurs très au
courant.
Comportement
L'acclimatation une fois passée, il s'agit d'oiseaux robustes.
Bien éveillés, enjoués et très curieux de leur environnement. Au début ils sont
un peu farouches mais le temps passant, ils s'attachent à leur soigneur. Ils
peuvent se révéler très agressifs à l'encontre d'autres espèces durant la
saison de reproduction et même faire preuve de sale caractère envers leur
soigneur! Ce sont des oiseaux qui aiment à se reproduire. Assez bruyants, ils
aiment se baigner durant longtemps et ne dédaignent pas une bonne douche. Il
faut noter qu'ils présentent une croissance rapide des ongles qui n'est pas
sans les gêner!
Convention
de Washington
Appartient aux espèces menacées et tombe sous les dispositions de
l'article 3a de l'Annexe II.
Logement
et soins
Il faut que les oiseaux fraîchement importés soient l'objet d'une
acclimatation soigneuse à une température ambiante stable autour des 20 degrés
Celsius. S'ils sont bien soignés, les oiseaux passeront au travers de cette
période d'observation sans aucun problème notoire. Les oiseaux élevés en Europe doivent être
placés par couple dans une volière extérieure à laquelle est accolé un local
pouvant être chauffé artificiellement. Dans ce local il devra toujours régner
durant la mauvaise saison une température minimum de dix degrés Celsius et
l'éclairement devra quant à lui être égal à douze heures d'affilée (par
exemple: de six heures du matin à six heures du soir). Les dimensions minimales
de la volière extérieure seront les suivantes (comme toujours selon la formule
consacrée: longueur x largeur x hauteur):
Les loris noirs peuvent durant l'hiver et par beau temps passer
quelques moments à l'extérieur. Ils doivent toutefois toujours avoir la
possibilité de passer à l'intérieur. L'eau de bain sera renouvelée tous les
jours. A ce sujet, après les bains, il
faut avoir les oiseaux à l'œil durant les jours frisquets, ils ne peuvent alors
se rendre à l'extérieur, ils risqueraient d'attraper froid. Durant les mois
estivaux, ces oiseaux aiment se laisser doucher par la pluie, si vous le
pouvez, installez leur une rampe de douche. Il faut également prévoir de donner
des branches de saule ou d'arbres fruitiers fraîches (attention à ce que ces
dernières n'aient pas été traitées aux insecticides ou aux fongicides). Les
perchoirs doivent être épais et durs par endroits, du chêne sera l'idéal, cela
permettra aux ongles de s'user de manière naturelle. Nourrir les oiseaux deux
fois par jour, le matin tôt et aux abords du soir, il s'agit de bons mangeurs.
Nettoyer les volières quotidiennement, éliminer les restes de
nourriture, en somme appliquer une hygiène sévère. Une cure contre les
flagellés sera appliquée tous les six mois.
Alimentation
La réussite dans la détention des loris et de leur élevage sont directement liés avec leur alimentation. Mon expérience
et celle d'autres amateurs m'ont appris que des changements minimes dans la
nourriture quotidienne peuvent avoir des effets miraculeux. Il faut parfois
chercher longtemps l'alimentation idéale destinée à une espèce déterminée de
lori. Surtout, évidemment, dans le cas
d'espèces qui n'ont pas encore été largement décrites dans la littérature
spécialisée. On va à l'aventure et cela
peut durer des années avant d'enregistrer des résultats probants. Un bon conseil: n'employez que de la nourriture pour loris
qui aura fait ses preuves dans la pratique, que ce soit des préparations
commerciales ou un brouet que vous aurez concocté. Le pourcentage de protéines
est important. Durant les mois de repos,
un pourcentage assimilable de treize sera suffisant; durant l'élevage ou la mue
et surtout lorsqu'il y a des jeunes, il faut augmenter ce pourcentage jusqu'à
dix-sept. Si vous constatez que la formule que vous employez pour préparer
votre propre recette donne une bonne condition physique à vos oiseaux et
surtout une progéniture, il n'y a alors aucune raison de changer. Très souvent
les nourritures préparées "maison" sont difficiles d'emploi et plus
chères à la confection que celles qu'on peut se procurer dans le commerce. Leur
degré de conservation est aussi aléatoire car une alimentation liquide est
souvent vite dégradée. C'est la raison
pour laquelle je me borne à donner des préparations que j'achète en magasin, la
valeur nutritive est assurée et la conservation ultime indiquée sur l'emballage.
Ces aliments ont d'ailleurs fait l'objet de test à différentes
températures. En dehors de la période
d'élevage je donne du Lorinectar ™ et durant la couvaison je procure du
Loristart ™ de la firme Aves. La marque Cédé a elle
aussi des aliments prêts à l'emploi pour loris et ces deux maisons jouissent
d'une réputation de qualité auprès des amateurs. C'est d'ailleurs aussi le cas
pour une firme allemande "Biotropic" qui elle aussi met de tels
aliments à notre disposition.
Les loris ne recevront qu'une bouillie le matin et aussi le soir;
mais à cette dernière occasion, il faut ajouter des morceaux de fruit: mangue,
pomme, poire, banane, raisin (pelé) et des baies. Journellement il faut prévoir
de la verdure: céleri, épinard, le mieux est de placer cette dernière dans un
petit râtelier (comme pour les chevaux). Certaines espèces de loris aiment
ingurgiter des graines, ce n'est pas le cas de Chalcopsitta. Certains éleveurs
ont pris l'habitude de compléter la bouillie par une nourriture sèche faite des
ingrédients suivants:
Deux parties de flocons de riz
Deux parties de farine de riz
Deux parties de pâtée aux œufs
Une partie de sucre de raisin
Une pointe de couteau d'un mélange de vitamines et de sels
minéraux
Une cuiller à café de pollen.
Les loris noirs aiment grignoter des épis de maïs à demi mûrs. Ne
jamais oublier de l'eau de boisson fraîche. Lorsqu'il y a des jeunes, procurer
une biscotte trempée dans de l'eau sucrée.
L'une de mes connaissances a en 1974 réussi à élever deux jeunes.
La pâtée d'élevage consistait en œufs cuits, biscuits, marmelade de fruits, riz
cuit, farine de soja, flocons d'avoine; le tout édulcoré avec du sucre de
raisin. S'y ajoutaient diverses sortes de fruits frais: pommes, oranges,
bananes, raisins et baies.
Élevage
Des loris noirs qui sont nés en volière deviennent sexuellement
aptes à se reproduire dès l'âge de deux ans. Des oiseaux venant de l'état
sauvage prennent plus de temps, la règle est pour eux de trois à quatre ans. Le
début de la reproduction commence en mars. On dépose une couche de huit
centimètres d'épaisseur de copeaux grossiers sur le fond du nichoir, cette
couche sera régulièrement renouvelée. Une fois par semaine en moyenne et plus
en présence de jeunes. Deux œufs sont pondus avec un intervalle d'un jour entre
eux, parfois deux jours. La femelle couve seule durant 24 à 25 jours. Les
jeunes passent neuf à dix semaines dans le nid, parfois quelques jours de plus.
On leur pose une bague de huit millimètres de diamètre, pour le lori rajah qui
est plus petit, on peut se contenter d'un diamètre de sept millimètres et demi.
Les contrôles au nid ne peuvent se faire qu'en l'absence des parents et après
avoir pris la précaution de les enfermer au dehors. Le mieux est encore de
suspendre le nid de manière à pouvoir y jeter un coup d'œil et même le nettoyer
sans devoir trop entrer dans la volière, près de la porte, par exemple.
Les loris noirs portent un duvet gris à la naissance, ils ont le
bec et les ongles noirs. Leur poids est
alors d'environ neuf grammes et demi.
Après une quinzaine de jours, les petites têtes mates se colorent de
noir et les gaines d'un duvet de seconde génération pointent alors que les
petites pattes sont devenues toutes noires. Encore quelques jours et les têtes
sont complètement noires et les gaines s'étant ouvertes, le duvet noir
apparaît, cela nous donne un oiseau tout à fait noir. A l'âge de trois semaines
et demi le duvet est bien établi et le bord intérieur des moignons d'aile porte
déjà de solides gaines annonciatrices des futures rémiges. A quatre semaines, ces dernières apparaissent
et la poitrine comme le ventre sont emplumés.
Cinq semaines est l'âge auquel la tête est recouverte de plumes noires
et les plumes de la queue ont presque un centimètre de long. Le dos est quant à
lui encore déplumé. Les oiseaux de six semaines présentent des rémiges longues
de six centimètres et des rectrices d'environ cinq centimètres. Le dessous des
ailes est, il est vrai, encore nu. Le plumage complet est réalisé à l'âge de
sept semaines.
A l'envol, les juvéniles arborent un cercle oculaire gris blanc,
la peau nue autour du bec a la même couleur et on remarque qu'ils sont
nettement plus petits que les adultes. Les rectrices ne sont d'ailleurs pas
encore développées complètement. Le cercle oculaire nu de couleur gris blanc
ainsi que l'insertion du bec vont voir leur couleur se transformer
graduellement en gris foncé dans les semaines qui vont suivre. Certains jeunes
présentent des plumes rouges par-ci par-là, elles disparaissent lorsque les oiseaux
vieillissent. Deux à trois semaines après leur envol définitif du nid, les
jeunes deviennent indépendants et voilà le moment venu de les séparer de leurs
parents. Plusieurs tours par an ne sont
pas à exclure.
2. Le lori cardinal
Chalcopsitta
cardinalis, (G.R. Gray, 1849).
Distribution
géographique: Iles Salomon, les îles Feni et Nissan; Bougainville et Buka mais
pas sur Lavongai; les îles Tonga, Lihir et Tabar à l'est de la
Nouvelle-Irlande.
Description
de l’espèce
Taille: trente et un centimètres.
Mâle et femelle: la couleur générale du corps est le rouge
écarlate; le dos et la couverture alaire sont rouge brunâtre. Les plumes qui
couvrent la poitrine, le ventre et les flancs sont lisérées de jaune terne
donnant un aspect écaillé à l'ensemble. Les plumes extérieures de la couverture
alaire dans l'arrondi de l'aile sont bordées de gris, les rémiges externes sont
rouge orangé. La queue est brun-rouge, le dessous de celle-ci est plus terne.
Le bec est jaune orangé avec une tache noirâtre à la base de la mandibule
supérieure. La cire est noire. Une petite bande de peau nue, pratiquement noire
se situe à la base de la mandibule inférieure, elle devient presque blanche
chez les mâles sexuellement mûrs. L'iris est rouge orangé. Les yeux sont
cerclés d’un périmètre nu de couleur noire. Les pattes sont gris foncé et les
ongles sont noirs.
Généralités
Le lori cardinal est très rare dans les collections privées; il
l'est aussi dans les parcs animaliers. Les résultats d'élevage de cette espèce
sont maigres mais on a enregistré des succès aux Pays-Bas. Il s'agit d'oiseaux
chers et qui ne sont recommandés qu'aux éleveurs spécialisés dans les loris.
Comportement
Cette espèce se lie rapidement d'amitié avec le soigneur qui s'en
occupe, elle est dotée d'un caractère enjoué mais se révèle très agressive
durant la saison de reproduction, même envers son soigneur! Très bruyante, elle s'extériorise
régulièrement. Aime se baigner longuement et aussi se laisser doucher. Sensible
au froid.
Convention
de Washington
Appartient aux espèces menacées et tombe sous les dispositions de
l'article 3a de l'Annexe II.
Logement
et soins
Les oiseaux qui viennent directement de leur lieu d'origine sont à
placer dans une petite volière intérieure pour faciliter leur
acclimatation. La température ambiante
ne doit jamais descendre en dessous des 20 degrés Celsius. Les loris cardinaux
issus de l'élevage domestique seront installés par couples dans des volières
extérieures auxquelles sont accolées des locaux qui gardent une température
d'au moins 15 degrés Celsius durant la mauvaise saison. Un éclairement diurne
doit y être également garanti, on donnera douze heures consécutives de lumière,
par exemple de six heures du matin à six heures du soir. Les dimensions
minimales d'une volière extérieure doivent atteindre
Les loris cardinaux sont sensibles au froid mais rien n'empêche,
par beau temps hivernal, de les laisser sortir; il faut toutefois qu'ils aient
toujours la possibilité de rentrer dans le local chauffé. Nourrir deux fois par
jour et renouveler l'eau de bain quotidiennement. Durant les jours de mauvais
temps froid, empêcher les oiseaux de sortir car il y a danger d'hypothermie.
Durant la période estivale on peut se rendre compte que les loris cardinaux
aiment se faire doucher et il est donc recommandé d'installer une rampe douche.
Fournir régulièrement des brindilles de saule pour donner du passe-temps aux
oiseaux. Les volières doivent être nettoyées tous les jours pour garder une
hygiène optimum, l'élimination des restes de nourriture est importante. Il est
conseillé de donner deux fois par an une cure préventive contre les flagellés.
Nourriture
Est la même que celle qui est donnée au lori noir.
Élevage
Rares sont les succès enregistrés dans l'élevage du lori cardinal.
La raison majeure est que ces oiseaux sont très rares en captivité. Ils sont
mûrs sexuellement à l'âge de deux ans contrairement aux autres espèces de
Chalcopsitta importées et qui ont souvent besoin de plusieurs années avant de
se mettre à la reproduction.
Cette dernière débute en avril ou mai. Généralement on compte deux
œufs pondus à un jour d'intervalle; il arrive parfois que ce laps de temps soit
de quarante-huit heures. La femelle garde habituellement le nid dès le jour
précédent la ponte du second œuf. La couvaison est comparable à celle du lori
noir; les œufs sont couvés par la femelle durant environ 25 jours. Quoique la
femelle couve seule, le mâle va souvent lui tenir compagnie dans le nid. Les
premières pennes apparaissent chez les
jeunes à l'âge de quatre semaines et il faudra encore attendre un mois avant
que les petits ne soient complètement emplumés. Les jeunes restent au nid
pendant une durée de soixante dix à soixante quinze jours. Le sevrage
intervient deux à trois semaines après la sortie du nid. Employer le modèle de
bague de diamètre sept à huit millimètres.
Mutations:
aucune.
3. Le lori
de Duyvenbode
Chalcopsitta
duivenbodei, (Dubois, 1884)
Description
de l’espèce
Taille: trente et un centimètres.
Mâle et femelle: front, lores, avant des joues, périmètre du bec
et menton de couleur jaune clair. Couleur générale du corps: brun olivâtre
foncé et brillant. Dessus et arrière du crâne, parties latérales du crâne, cou
et nuque: barrés de jaune mat. Le cou et les parties latérales supérieures de
la poitrine sont souvent parsemés de petites plumes jaunes. Les plumes de la
poitrine ont un petit et étroit liséré jaune; cela donne un aspect écaillé.
Dans l'arrondi de l'aile il est possible d'apercevoir une tache et un bord
jaune doré. L'intérieur des cuisses est jaune orangé. Le croupion et le dessous
de la queue (sous caudales) sont bleu violacé. La queue est brune olivâtre
foncée à la base et au fur et à mesure que l'on se dirige vers l'extrémité de
la queue nous distinguons un reflet violet profond. Le dessous de la queue est
bronze olivâtre et les rectrices externes portent du jaune sur les vexilles
externes. Le bec est noir avec à la base de la mandibule inférieure une étroite
bande de peau nue de couleur noire; la cire est noire aussi. L'iris est de
couleur rouge prune. Les yeux sont entourés d'un cercle de peau nue de couleur
noire. Les pattes sont gris foncé et les ongles noirs.
Bien que les sexes soient pratiquement identiques, on peut dire
que le masque de la femelle est habituellement porteur de couleurs moins
profondes; les vexilles des rectrices externes laissent aussi apparaître moins
de jaune. Les mâles adultes sont en général légèrement plus grands et plus
robustes que les femelles adultes, la tête d'un mâle adulte est aussi plus
grande, tout comme l'est son bec.
Sous-espèces
Chalcopsitta
d. duivenbodei (Dubois, 1884) – le lori de Duyvenbode
Il s’agit de la forme nominale identifiant l’espèce.
Sa description se trouve ci-dessus.
Répartition: Régions côtières du Nord-ouest de la Nouvelle-Guinée.
Chalcopsitta
d. syringanuchalis (Neumann, 1915) - Lori à cou lilas.
Répartition: Régions côtières du Nord-est de la Nouvelle-Guinée.
Caractéristiques:
Ressemble très fort à la forme nominale mais a le dos et la tête
d'un brun olivâtre plus accentué, le tout recouvert d'un voile violet profond.
Généralités
Très rare en captivité, surtout dans les collections privées. On
n'enregistre des succès d'élevage qu'incidemment. Il est à souhaiter que
l'accroissement annuel du cheptel soit suffisant pour pouvoir pérenniser
l'espèce à l'état "domestique".
Comme la forme nominale, cette sous-espèce n'est destinée qu'aux
spécialistes.
Comportement
Les oiseaux acclimatés ne présentent que peu de difficultés et
sont robustes. Il s'agit d'animaux assez bruyants et remarquablement débordants
de vie. Ils sont craintifs au départ et s'habituent graduellement à leur
soigneur. Ils ne sont pas spécialement rongeurs de bois. Présentent une
agressivité certaine envers leurs congénères mais aussi envers d'autres
espèces. En règle générale les loris de Duyvenbode sont familiers avec leur
soigneur mais ils peuvent devenir agressifs envers lui durant la reproduction,
surtout s'il s'agit d'oiseaux importés.
Ils aiment à se baigner et à se laisser doucher en étalant les ailes et
en faisant un charivari de première classe!
Convention
de Washington
Appartient aux espèces menacées et tombe sous les dispositions de
l'article 3a de l'Annexe II.
Logement
et soins
Les oiseaux issus de l'importation directe devraient être placés
dans une petite volière pour leur laisser l'occasion de se faire à leur
nouvelle nourriture. La température ambiante ne devra pas descendre sous les
vingt degrés Celsius. Les oiseaux qui proviennent de l'élevage domestique
seront placés par couples dans des locaux composés pour chaque couple d'une
volière extérieure et d'un abri intérieur pouvant être chauffé. Il ne pourra
jamais faire moins de quinze degrés Celsius dans cet abri, été comme hiver. Il
faudra aussi y garantir un éclairement de douze heures consécutives, par
exemple de six heures du matin à six heures du soir. Les dimensions minimales
d'une volière extérieure doivent atteindre deux mètres cinquante (longueur) par
un mètre (largeur) et deux mètres (hauteur). La volière intérieure voisine fera
quant à elle: deux mètres x un mètre x deux mètres. Les parois latérales entre
volières doivent être faites de deux couches de treillis séparées par une
distance de cinq centimètres. Cela vise à empêcher les mordillements mutuels
des orteils par les oiseaux voisins. Ne jamais faire voisiner des espèces de
Chalcopsitta. Placer dès le début un nid naturel ou artificiel dans la volière
intérieure, les oiseaux viendront y dormir et si le cas se présente, y couver
leurs œufs et élever leur progéniture. Un nichoir fait d'une portion de tronc
d'arbre aura un diamètre de
Les oiseaux acclimatés peuvent sortir durant la mauvaise saison
s'il ne fait pas trop froid mais ils doivent toujours avoir la faculté de
rentrer si le besoin s'en fait sentir. Nourrir deux fois par jour, de
préférence matin et soir et renouveler l'eau de bain quotidiennement. Prévoir
assez de brindilles pour donner un passe-temps aux oiseaux. Les volières
doivent être nettoyées tous les jours pour garder une hygiène optimum,
l'élimination des restes de nourriture est importante. Il est conseillé de
donner deux fois par an une cure préventive contre les flagellés.
Nourriture
Est la même, dans les grandes lignes, que celle qui est donnée au
lori noir. Ces oiseaux sont pourtant plus conservateurs que les autres espèces
de Chalcopsitta. Ils mangent presque tous les aliments liquides pour loris
ainsi qu'un peu de fruits comme des bananes, des pommes et des poires, rien
d'autre. Il arrive que certains aiment goûter à des épis de maïs à demi mûrs.
Ils sont peu intéressés par la verdure et l'idéal serait de pouvoir amener ces
oiseaux à élargir leur menu, ce serait bénéfique.
Élevage
En règle générale ces loris ne deviennent aptes à la reproduction
qu'après l'âge de deux ans et demi. La période de
reproduction débute fin mars ou début avril. Lorsque les mâles se mettent à
parader, leur agressivité monte aussi d'un cran et il est à noter que les
oiseaux d'importation sont nettement plus combatifs que les oiseaux nés à
l'état domestique. Il est parfois utile au soigneur de se protéger s'il veut
entrer dans une volière! Deux œufs composent la ponte; il se passe deux,
parfois trois, jours entre la ponte du premier et celle du second. Certaines femelles se mettent à couver dès le
jour qui précède la ponte du dernier œuf, il n'y a que la femelle qui couve.
Elle le fait durant 25 jours. A leur naissance, les petits loris pèsent environ
huit grammes! Leur dos est orné d'un
duvet assez long mais pour le reste ils sont nus comme des vers. La couleur de
leur bec est brun foncé. La croissance des petits est lente au début de leur
vie. Le premier duvet grisâtre est déjà visible au bout de huit jours et à
quinze jours le duvet les a complètement recouverts. Environ trois à quatre semaines après leur naissance,
leurs yeux s'ouvrent et les étuis des rémiges apparaissent sur les moignons des
ailes. Un mois encore et les petits ont acquis un plumage complet. On peut
baguer les jeunes entre leur dix-huitième et leur trente-troisième jour,
utiliser les bagues au diamètre de sept millimètres et demi. Le fond du nid
composé de copeaux ou de sciure de bois devra régulièrement être renouvelé
durant la présence des petits au nid. Si ce n'est pas le cas et qu'il devient
trop humide, il est fort probable que les jeunes souffriront d'hypothermie.
Rappelez-vous donc pourquoi j'ai insisté de placer le nichoir dans un endroit
accessible facilement du dehors! La durée de la période passée au nid par les
jeunes est de dix semaines (soixante dix jours), quelquefois quelques jours de
plus. A la sortie du nid, les jeunes ont des cercles oculaires plus ou moins
blanc grisâtre, la peau autour du bec est elle aussi presque blanche et les
jeunes sont nettement plus petits que leurs parents.
Très rapidement après leur envol du nid, les jeunes loris de
Duyvenbode apprennent à se nourrir seuls. Leurs
parents leur fourniront toutefois encore l'appoint durant deux à trois
semaines. Il vaut mieux séparer les parents des jeunes dès le sevrage. Deux
tours d'élevage annuels sont du domaine du possible. Lorsque les jeunes ont
huit mois ils ont les cercles oculaires et la peau autour du bec qui a viré au
gris foncé; après douze mois, la couleur définitive presque noire sera là.
Mutations
On connaît une forme verte de cette espèce. Un spécimen a été
capturé à la fin des années mille neuf cent quatre vingt dix dans l'intérieur
des terres de la Papouasie Nouvelle-Guinée. L'oiseau en question réside à
l'heure actuelle dans une volière d'un éleveur de perroquets bien connu de
Singapour. On y tente de fixer la mutation.
4. Le lori à front rouge strié jaune
Chalcopsitta
scintillata, (Temminck, 1835)
Description
de l’espèce
Taille: trente centimètres.
Mâle et femelle: la couleur générale du corps est le vert foncé.
Le front et la région des lores sont rouge écarlate. Le crâne, sur le dessus, à
l'arrière jusque dans la nuque, les joues et les zones des oreilles sont brun noir;
la nuque et le cou, le manteau et le dessus de la poitrine sont de couleur vert
clair strié sur un fond vert olive foncé.
Le cou et les côtés de la poitrine supérieure sont souvent parsemés de
petites plumes rouges; le bas de la poitrine, le ventre, les flancs et la
région anale sont d’un jaune clair strié sur un fond
vert foncé. Le bas du dos et le croupion sont vert bleuâtre tandis que les
cuisses sont rouge écarlate. Les grandes rémiges présentent un miroir sur leur
dessous, les plumes du dessous de l'aile sont rouge écarlate. Le dessus des
grandes rectrices est vert foncé, le dessous est rouge écarlate à la base et
cette teinte devient jaune bronze aux extrémités. L’iris est de couleur orange,
l’anneau oculaire nu est noir. Le bec est noir avec à la base de la mandibule
inférieure une étroite bande de peau noire nue, la cire est noire aussi. Les
pattes sont gris foncé et les ongles noirs.
Particularité: on rencontre rarement sinon jamais deux loris à
front rouge strié jaune identiques. Le rouge de la tête varie d'une étroite
bande frontale jusqu'à une calotte se prolongeant jusqu'au milieu de la
couronne. La couleur des rayures diffère aussi énormément tout comme la couleur
de fond de la poitrine chez chaque oiseau. Qu'ils soient colorés plus ou moins
intensément de rouge, cela ne peut renseigner sur le sexe des oiseaux.
Sous-espèces
Chalcopsitta
s. chloroptera (Salvadori, 1876) – le lori à front rouge
strié vert.
Répartition: Nouvelle-Guinée, dans la partie Sud-est de l'île.
Caractéristiques:
Ressemble à la forme nominale mais la partie striée de la poitrine
est plus étroite et l'oiseau semble plus vert; les plumes du dessous de l'aile
sont vertes ou, cela arrive, vertes avec çà et là des plumes rouges. Le jaune
sous les grandes rémiges est souvent absent contrairement aux autres formes de
l'espèce qui en ont toujours.
Chalcopsitta
s. rubrifrons, (G.R. Gray, 1858) – le lori à front rouge strié orange.
Répartition: Iles Aru (Indonésie), au Sud-ouest de l'Irian-Jaya.
Caractéristiques:
Fort semblable à la forme nominale mais un peu plus grand. La
partie striée de la poitrine est plus large et de teinte orange; la partie
striée sur le dessous du corps est plus étendue et d’une teinte jaune plus
accentuée.
Les différences d'avec la forme nominale dont il est question ici
sont toutefois toujours minimes.
Chalcopsitta
s. scintillata, (Temminck, 1835) – le lori à front rouge
strié jaune
Répartition: le Sud-ouest de la Nouvelle-Guinée.
Caractéristiques: voir forme nominale.
Généralités
Rares sont les amateurs particuliers qui peuvent s'enorgueillir de
posséder ces oiseaux, l'élevage en est donc confidentiel.
Un petit mot au sujet de l'appellation scientifique: j'ai suivi le
raisonnement de Rutgers. Dans la plupart des ouvrages scientifiques on utilise
le terme "sintillata", cela est une erreur car cela ne veut rien
dire! Au contraire "scintillata" tire son origine du Latin
"scintillare", "scintilla" qui veut dire: brillant,
scintillant, luisant. Il y a eu probablement quelque part dans le passé une
omission de la lettre "c", les auteurs ont dès lors sans plus
sourciller, adopté cette orthographe.
Comportement
Les oiseaux acclimatés sont
très solides, très vivants, aiment voler, se baignent souvent, moyennement
bruyants, agressifs vis-à-vis de leurs congénères, pas trop destructifs,
confiants en leur soigneur, peu farouches.
Convention
de Washington
Appartient aux espèces menacées et tombe sous les dispositions de
l'article 3a de l'Annexe II
Logement
et soins
Les oiseaux venant d'être importés doivent être acclimatés avec
grand soin. On utilise pour cela une volière intérieure dans laquelle il ne
fera jamais moins de vingt degrés Celsius. Avec des soins attentionnés la
période de quarantaine se passera sans anicroche. En ce qui concerne des
oiseaux issus de l'élevage domestique en Europe: les installer par couples dans
des volières extérieures qui font trois mètres de long, un mètre de large et
deux mètres de hauteur. On accolera à chacune de ces volières extérieures un
abri protégé du froid qui lui fera deux mètres x un mètre x deux mètres. Il ne
pourra jamais faire moins de dix degrés Celsius dans ces volières intérieures
et un éclairement diurne de douze heures minimum devra être assuré (six heures
du matin à six heures du soir, par exemple). Les parois latérales entre
volières doivent être faites de deux couches de treillis séparées par une
distance de cinq centimètres. Cela vise à empêcher les mordillements mutuels
des orteils par les oiseaux voisins. Ne jamais faire voisiner des espèces de
Chalcopsitta. Les autres parois devront être faites de matériaux lisses tout
comme le sol des volières intérieures (matière plastique, formica ou faïences),
cela rend l'entretien plus aisé. Si on le désire, le sol des volières
intérieures peut être couvert de copeaux de bois à condition de remplacer les
endroits devenus humides par des copeaux neufs en tenant compte évidemment de
l'importance des salissures. Si nécessaire on peut remplacer tous les copeaux.
Pendre le nichoir de chaque couple dans la volière intérieure. Les oiseaux
l'utilisent comme dortoir en dehors de la couvaison. Il va sans dire que le nid
doit être bien entretenu lui aussi, hygiène avant tout!
Les Chalcopsitta scintillata
peuvent sortir l'hiver sans crainte mais ils doivent avoir l'occasion de rentrer
pour se chauffer. L'eau de baignade sera renouvelée journellement. Durant les
jours plus froids il faut tenir les oiseaux à l'œil et veiller, s'ils se sont
baignés, à ce qu'ils ne sortent pas (danger d'hypothermie). En été procurer
régulièrement des douches car ces oiseaux en raffolent, l'installation d'une
rampe douche n'est donc pas un luxe inutile. Fournir régulièrement des
branchettes de saule pour leur permettre de ronger, des branches d'arbres
fruitiers font aussi l'affaire mais faire attention à ce qu'elles n'aient pas
été traitées chimiquement! Nourrir deux fois par jour, de préférence le matin
et le soir. Les installations doivent être nettoyées quotidiennement et les
restes de nourriture éliminés, l'hygiène est comme toujours la clé de la santé
chez ces oiseaux aussi. Donner deux fois par an une cure préventive contre les
flagellés.
Nourriture
La même que celle du lori noir.
Élevage
On a enregistré maintes réussites de l'élevage de cette espèce.
Les oiseaux qui viennent directement de la nature sauvage mettent plus de temps
(des années) que les oiseaux nés en captivité pour arriver à la maturité
sexuelle. Ces derniers ont besoin de deux ans, parfois moins. Généralement les conjoints ne font pas de
manières pour s'accepter, il y a évidemment des exceptions, comme toujours
elles confirment la règle. La
reproduction débute tôt dans l'année, le plus souvent ce sera en mars. Le nid
qui peut être une portion de tronc d'arbre de
Lorsque les jeunes loris à front rouge strié jaune atteignent huit
mois le cercle oculaire et la peau nue à la base du bec ont
viré au gris foncé, à un an, ils sont devenus noirs.
Il est à noter que ces loris sont dans la pratique de l'élevage
domestique de bons parents adoptifs pour la progéniture des autres espèces de
loris.
Mutations: il n’y en a pas.
Texte: H.W.J. van der Linden