Perruches ondulées - Anatomie et
physiologie
L’anatomie est
l’étude scientifique de la structure du corps; elle étudie la forme et la
disposition des organes, des plumes et du squelette. La physiologie s’occupe de
la fonction des organes, tels que le vol, la digestion et la respiration.
Anatomie et physiologie sont en intime relation. Il n’est quasiment pas
possible de parler de l’une sans interférer dans la seconde.
Chaque organe,
que ce soit un os ou un vaisseau du corps de l’oiseau, a une fonction importante.
Il est toutefois impossible de détailler dans une revue comme celle-ci toutes
les structures du corps de l’oiseau et d’expliquer comment tout fonctionne. Je
vais donc me limiter ici aux structures à propos desquelles des questions me
sont régulièrement posées et compléter ou expliquer des sujets connexes traités
d’autre part dans la revue.
Le squelette (fig. 17)
La caractéristique
de l’oiseau, c’est son aptitude à voler. Sa forme, sa morphologie intérieure et
extérieure, dépendent très étroitement de cette possibilité. En clair: presque
tout chez l’oiseau est orienté dans le seul but de rendre le vol possible.
Le squelette de
l’oiseau est sous beaucoup de rapports adapté à la faculté qu’il a de pouvoir
voler. Les os sont extraordinairement légers. Leur poids total équivaut à peine
à 8 ou 9% du poids total du corps. Beaucoup d’entre eux sont extrêmement fins,
par exemple ceux du crâne. Les os des membres et des parties plus lourdes du
squelette sont creux à l’intérieur et remplis d’air, parfois pourvus de fines
membrures intérieures pour donner une grande force là où c’est nécessaire. La solidité
du squelette est garantie en plus par le fait que les os contiennent plus de
substances minérales que les os des mammifères.
Les fonctions du
squelette sont multiples. Il ne sert pas seulement à soutenir le corps, mais il
offre aussi des points d’attache pour de nombreux muscles. Il donne encore
place et protection à des parties vitales telles que le cerveau, la colonne vertébrale,
le système digestif et d’autres organes délicats. Dans certains os se forment
les globules rouges du sang, d’autres servent de dépôts de calcium.


Le crâne est
fortement bombé et composé de nombreux petits os aux parois extrêmement fines;
ceux-ci sont réunis entre eux chez l’oisillon par des filaments clairement
visibles qui, avec l’âge, croissent fortement soudés. Remarquable est la taille
des orbites.
Les mandibules supérieure
et inférieure sont mobiles. Chez les psittacidés, l’activité intense de la
mandibule inférieure crée un mouvement cinématique de la mandibule supérieure.
A la base de la mandibule supérieure se trouvent deux petites cavités. Sous le
trou de l’arrière-tête, se trouve le condyle, une surface articulaire lisse qui
s’emboîte dans le creux de l’atlas, première vertèbre cervicale formant avec
lui une articulation très mobile.
La perruche ondulée
a dix vertèbres cervicales. La forme et la construction de la colonne vertébrale
mettent l’oiseau en état de regarder presque complètement derrière lui et de
mouvoir le bec pratiquement sur toutes les parties du corps. Les huit vertèbres
dorsales, qui suivent les cervicales, ne sont pas mobiles entre elles. La dernière
dorsale est soudée avec la douzaine de vertèbres qui suivent en un seul os.
C’est ce qu’on appelle le sacrum qui est fixe sur le bassin.
Le bassin est
formé de trois os extrêmement ténus: l’os iliaque, l’ischion et le pubis. A
l’endroit où ces trois os se rejoignent, ils forment l’articulation de la
hanche dans laquelle s’adapte le condyle du fémur. En poursuivant vers le bas,
on trouve le coccyx qui forme la surface portante des plumes rectrices.
Aux dorsales sont
articulées des côtes étroites et plates qui sont liées au bréchet. Chaque côte
se compose de deux parties qui s’articulent en équerre. Une articulation
intercostale relie les côtes entre elles, formant charnière. Le bréchet peut
ainsi se mouvoir de haut en bas par rapport à la colonne vertébrale. Les
parties supérieures des côtes se raccrochent aux dernières vertèbres cervicales
et aux dorsales suivantes. Toutes les côtes, à l’exception de la première et de
la dernière, sont pourvues à l’arrière d’une protubérance en forme de crochet
qui permet l’accrochage entre elles et qui contribue beaucoup à la solidité de
la cage thoracique.
Le bréchet n’est
chez aucune autre espèce animale aussi bien développe que chez les oiseaux. Il
s’apparente beaucoup à un bouclier possédant dans son milieu un peigne
longitudinal qui forme une surface à laquelle sont attachés les muscles
respiratoires. Le bréchet est la base portante de la ceinture scapulaire, qui à
son tour soutient les ailes.
La ceinture
scapulaire est formée de deux omoplates, longues et fines, dont les extrémités antérieures
sont reliées au bréchet par les apophyses coracoïdes et les clavicules. A l’endroit
où les omoplates et les apophyses coracoïdes se rejoignent se trouve
l’articulation scapulaire dans laquelle s’adapte le condyle de l’humérus.
Les éléments du
squelette de l’aile se composent de l’humérus, du radius et du cubitus, de deux
os carpiens, trois petits os soudés partiellement et trois doigts (I, II, III)
avec phalanges et phalangettes; seul, le
petit os du pouce peut se mouvoir librement (fig. 17 et 18, n° 14). Le centre
de la main et les doigts II et III forment la surface portante des rémiges
primaires. Le doigt I, l’os du pouce, est la partie inférieure de l’aile du
pouce. Le cubitus forme la surface portante des rémiges secondaires.
Les éléments des
membres postérieurs se composent du fémur, du tibia, du péroné et du tarse; sur
le tarse s’articulent directement les quatre doigts, lesquels se terminent par
de petites phalangettes. Chez les psittacidés, les doigts I et IV sont diriges
vers l’arrière, les doigts II et III vers 1’avant.
Le système digestif
Les organes, la
forme et la structure du système digestif de l’oiseau (fig.19), correspondent à
ses aptitudes de vol. Tous ces organes sont légers, ont besoin d’un espace
restreint et travaillent malgré tout avec une extraordinaire efficience.

En fait, le système
digestif n’est rien d’autre qu’un enchaînement d’organes à travers lesquels,
depuis la cavité buccale jusqu’a l’anus, la nourriture est triturée
chimiquement, physiquement et mécaniquement pour permettre a l’énergie que
contient la nourriture d’être absorbée par le corps.
Les perruches ondulées
comme tous les oiseaux absorbent la nourriture par le bec. Pour picorer les
grains de semences, elles font de 50 à 60 mouvements du bec par minute qui
aboutissent à peler la semence. La langue, courte et en forme de cuiller, leur
est en cela fort utile. A l’intérieur du bec se trouvent des glandes
salivaires, lesquelles ne fournissent qu’une espèce de lubrifiant et aucun
enzyme pour la digestion. Via le pharynx et l’oesophage, la nourriture arrive
dans le gésier ou dans l’estomac. Le gésier n’est notamment rempli par la prise
d’aliments que lorsque l’estomac est déjà rempli. Le passage de la nourriture
du gésier vers l’estomac est commande par un nerf crânien et ne se produit que
lorsque l’estomac s’est vide.
Dans le gésier,
la nourriture est humectée et conservée jusqu’à ce qu’elle puisse être
transportée plus tard vers l’estomac. L’estomac de l’oiseau se compose de deux
parties. La partie avant, le ventricule succenturié, est très développe chez
les perruches ondulées. Les parois de ce ventricule contiennent des glandes
produisant des enzymes pour la digestion par lesquels la nourriture sera traitée.
De ce ventricule,
la nourriture passe dans la seconde partie, le gésier. Cet estomac est très
musclé et tapisse à l’intérieur d’une couche de kératène fortement nervuré.
L’action de meule de ce gésier est renforcée par la présence permanente de
petits graviers pointus.
Une fois la
nourriture finement triturée et malaxée avec les sucs digestifs, elle arrive
dans l’intestin grêle. Chez notre perruche, cet intestin se compose de trois
boucles: le duodénum, le jéjunum et le véritable intestin grêle, l’iléum. A l’intérieur
de la première boucle aboutit le pancréas qui produit un certain nombre
d’enzymes qui sont fournis au duodénum pour le broyage ultérieur du bol
alimentaire. Le foie de notre oiseau se compose de deux lobes inégaux. Les
voies biliaires débouchent directement dans le duodénum.
La plus grande
partie de la digestion se passe dans l’intestin grêle, ou d’innombrables
petites glandes se libèrent de leurs enzymes. Tandis que le bloc alimentaire
continue à avancer, la partie devenue soluble est absorbée par les parois et
aboutit dans le sang. Les parties non digérées et non solubles avancent dans le
gros intestin. Dans cette partie des intestins, le bol alimentaire est déshydrate
et les excréments prennent une forme solide.
L’intestin grêle
aboutit presque sans discontinuité dans le gros intestin. Les appendices du
gros intestin ne sont que rudimentairement présents chez les perruches ondulées.
L’extrémité du gros intestin aboutit au cloaque. Les uretères et les oviductes
ou canaux déférents (selon le sexe) aboutissent dans le cloaque. Les déjections
et l’urine quittent le cloaque ensemble. Le cloaque est en même temps un des
organes sexuels de l’oiseau.
Le métabolisme de
la perruche ondulée est intensif. L’oiseau absorbe en effet plusieurs fois par
jour de grandes quantités de nourriture. La prise journalière de semences varie
fort suivant l’oiseau mais atteint ± 6 grammes. Pour une perruche bien développe
de 55 g, c’est donc bientôt 1/11 du poids de son corps. Par comparaison: pour
un homme de 75 kg, on en arriverait à une quantité de largement 8 kg. La grande
quantité de nourriture dont a besoin notre perruche faite qu’elle maigrit
rapidement lorsque sa mangeoire est vide. Apres 12 heures de jeûne, son taux de
glycémie, c’est-à-dire la teneur en glucose de son sang, baisse jusqu’à environ
la moitié de sa valeur normale. Un très court moment après, I’oiseau a épuisé
ses réserves et a dépasse le seuil ou il peut encore se rétablir.
En concordance complète
avec ce métabolisme intensif: la haute température du corps qui est chez les
perruches ondulées d’environ 42 degrés Celsius.
Le système respiratoire
Les oiseaux possèdent
le système respiratoire le plus productif (figure 20) de tout le monde animal. Il
se compose des fosses nasales, de la cavité buccale, de la trachée artère, du
syrinx, des bronches, des alvéoles pulmonaires.


Les voies
respiratoires d’un oiseau commencent immédiatement derrière la base de la
langue, dans le larynx qui, contrairement à d’autres espèces animales, n’a pas
de fonction chez les oiseaux dans la production des sons. La tracée artère qui
suit le larynx est longue et solidement renforcée et protégée par des anneaux cartilagineux.
Juste à la bifurcation où la trachée artère se divise en deux bronches qui
conduisent aux poumons, se trouve l’organe vocal de l’oiseau, le syrinx.
Les poumons sont
des organes spongieux, relativement petits, fixes sur les côtes et la colonne vertébrale.
Leur forme microscopique permet toutefois un échange gazeux particulièrement
bon entre l’air et le sang. Contrairement aux mammifères, les oiseaux ne possèdent
pas d’alvéoles pulmonaires, mais d’innombrables bronchioles parcourent les
tissus pulmonaires riches en sang où l’oxygène est inhalé et l’oxyde de carbone
exhalé (fig. 21 )
Aux poumons se
raccordent des alvéoles pulmonaires aux parois très fines qui sont en relation
avec les bronches et qui parcourent profondément le corps jusque dans certains
os, par exemple l’humérus. Les alvéoles pulmonaires sont caractéristiques chez
les oiseaux. Elles fonctionnent comme des soufflets de forge pour les poumons
et servent, surtout durant le vol, de réservoirs d’air. En plus, elles
diminuent le poids spécifique de l’oiseau et jouent un rôle important pour la régulation
de la chaleur de son corps.
La forme des alvéoles
pulmonaires est extraordinairement compliquée et totalement différent de
l’aspect qu’un simple schéma laisse supposer. Donnons-en toutefois une idée.
Comme le montre le schéma (fig.20), la perruche ondulée possède 11 alvéoles
pulmonaires. L’une se trouve entre les deux clavicules (3), deux dans les cavités
axillaires (10), une paire près du cou (6), une paire dans la cavité antérieure
de la poitrine (7), une paire derrière la poitrine (8) et une paire dans le
creux ventral (9).
Lors de l’inhalation,
une partie de l’air inspiré va directement dans les alvéoles pulmonaires et se mêle
à l’air qui y est présent, le reste part vers les tissus pulmonaires et régénère
le sang. Lors de l’expiration, l’air non encore employé et stocké dans les alvéoles
pulmonaires est expulsé par les tissus pulmonaires proprement dits. Les oiseaux
expirent donc deux fois l’oxygène qu’ils inhalent en une fois, soit au moment
de l’inspiration soit lors de l’expiration.
Quand l’oiseau
est au repos, la respiration est maintenue par des actions de muscles très compliquées
qui augmentent la cage thoracique (inspiration) et puis la rétrécissent
(expiration). Durant le vol, la respiration se fait automatiquement par le
mouvement de va-et-vient des ailes.
En situation
repos, la perruche ondulée respire de 80 à 100 fois par minute; pendant le vol,
environ 800 fois par minute.
Texte: H.W.J. van der Linden